Les montres suisses ? Certaines sont fabriquées en Chine…

Pourquoi acheter une montre suisse ? Pour beaucoup, c’est la promesse d’un ouvrage de qualité, le produit d’une horlogerie suisse réputée pour sa précision légendaire. Ce que certains ignorent peut-être, c’est que la Chine est le principal fournisseur étranger des horlogers suisses.

Dans l’industrie, on reste discret à ce sujet : en effet, le « made in China » ne fait pas rêver. Le phénomène a pourtant commencé à la fin des années 1990, période où la consommation chinoise de montres suisses a énormément augmenté. Pour répondre à la forte demande, la production a été déplacée en Chine. De là, les pièces sont envoyées en Suisse pour l’assemblage et le contrôle final avant de retourner en Chine pour y être vendues.

Les conditions pour obtenir le label « swiss made » sont respectées

À Shenzhen par exemple, de nombreuses fabriques produisent et réunissent les composants des montres dans des boîtes qui sont envoyées en Suisse. Là, dans les manufactures suisses, ces montres en kit sont assemblées et la dernière pièce, le mouvement, est ajoutée.

Grâce à cette dernière étape, les conditions pour obtenir le label « Swiss Made », la garantie du savoir-faire horloger helvétique, sont respectées.

Un durcissement des conditions d’obtention du label

Pour protéger l’industrie horlogère suisse et limiter les productions en Chine, les conditions d’obtention du « Swiss Made » ont été durcies en 2017. Auparavant, 50% de la valeur des pièces du mouvement devait être suisse. Depuis l’année dernière, 60 % de la valeur des pièces de toute la montre doit être suisse ; l’assemblage et le contrôle final doivent se faire en Suisse.

Cependant, le coût bas de la main-d’œuvre en Chine permet de facilement respecter les exigences du « Swiss Made ». Le durcissement des conditions suffira-t-il à ralentir les importations horlogères chinoises ? Certains estiment également qu’une trop forte protection de la production suisse pourrait nuire à son esprit d’innovation.