Principaux renseignements
- L’utilisation croissante de la technologie des drones par les groupes armés au Sahel constitue un défi majeur pour la sécurité régionale.
- Les drones abordables offrent aux groupes armés tels que l’ISSP et le JNIM un moyen « peu coûteux mais très efficace » de mener des attaques, de recueillir des renseignements et de compromettre la sécurité régionale.
- Selon les experts, il est urgent d’apporter une réponse coordonnée à l’utilisation massive de drones par des groupes armés.
Dans la nuit du 28 au 29 janvier, Niamey, la capitale du Niger, a été secouée par une attaque brutale contre l’aéroport international et la base aérienne militaire. Le groupe terroriste État islamique a revendiqué la responsabilité de l’attaque. Plusieurs analystes ont déclaré à Al Jazeera que cette attaque démontrait la confiance croissante et les compétences techniques du groupe terroriste. Selon des spécialistes qui suivent le conflit, l’EI aurait utilisé des drones à la fois pour la surveillance et les attaques contre Niamey, mais cela n’a pas encore été officiellement confirmé.
Drones
L’utilisation croissante de la technologie des drones par les groupes armés au Sahel constitue un défi majeur pour la sécurité régionale. Les experts soulignent la facilité avec laquelle les drones disponibles dans le commerce peuvent être modifiés pour transporter des explosifs ou servir d’outils de reconnaissance. Grâce à cette capacité « peu coûteuse et puissante », des groupes tels que l’ISSP et Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) peuvent causer beaucoup de dégâts avec un risque minimal pour leurs combattants.
Le JNIM, une filiale d’Al-Qaïda active au Mali et au Burkina Faso, a rapidement intégré les drones dans ses opérations. Entre 2023 et 2025, il aurait utilisé des drones à de nombreuses reprises pour mener des attaques et recueillir des renseignements. Ces drones, souvent des modèles peu coûteux comme le DJI Mavic, s’avèrent efficaces pour surveiller les voies d’approvisionnement et coordonner les assauts terrestres.
l’EIIL
Bien que des groupes affiliés à l’EIIL aient également utilisé la technologie des drones, leur utilisation a été moins répandue que celle du JNIM. Néanmoins, des exemples tels que l’attaque perpétrée en janvier 2026 contre les forces nigérianes montrent que la menace posée par ces groupes armés s’intensifie.
En outre, l’émergence de l’intelligence artificielle (IA) rend la situation encore plus complexe. Les outils d’IA permettent de contourner les méthodes de détection traditionnelles et de générer du matériel de formation, des communiqués de presse et même des simulations d’attaques.
Réponse
Selon les experts, il est urgent de mettre en place une réponse coordonnée à l’utilisation massive de drones par des groupes armés. Ils préviennent que la prochaine étape pourrait être celle des « essaims de drones » pilotés par l’IA. Ceux-ci seraient capables de mener des attaques à grande échelle à distance. Selon les experts, les spécialistes de la guerre des drones, les chercheurs en IA et les planificateurs militaires régionaux doivent être réunis pour élaborer des contre-mesures.
La coopération régionale
Cependant, la coopération régionale se heurte à des obstacles liés aux tensions politiques et à un paysage sécuritaire fragmenté. Le coup d’État au Niger en 2023 a mis à rude épreuve les relations avec le Nigeria voisin. Cela a conduit à la suspension de la coopération formelle en matière de défense. Les récentes discussions entre les responsables nigériens et nigérians de la sécurité ont principalement porté sur la sécurité des frontières. Néanmoins, une solution plus large est nécessaire pour lutter efficacement contre la menace croissante des drones. (ev)
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