Les frappes israéliennes menacent les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran en Pakistan


Principaux renseignements

  • Les opérations militaires israéliennes en cours au Liban menacent de faire capoter les pourparlers prévus entre les États-Unis et l’Iran, organisés par le Pakistan.
  • L’Iran insiste sur la cessation des hostilités au Liban comme condition préalable à sa participation aux négociations.
  • Les tensions s’intensifient davantage alors que le Pakistan condamne publiquement les actions d’Israël, s’attirant de vives critiques de la part des responsables israéliens.

La perspective de pourparlers entre les États-Unis et l’Iran organisés par le Pakistan est incertaine, les frappes israéliennes sur le Liban menaçant un cessez-le-feu fragile de deux semaines. Alors qu’Islamabad se prépare à des négociations à haut risque visant à aborder l’enrichissement nucléaire de l’Iran et la libre circulation des échanges commerciaux dans le détroit d’Ormuz, l’Iran a laissé entendre que sa participation pourrait dépendre d’une cessation des hostilités au Liban.

Situation incertaine

Malgré l’incertitude, les Gardiens de la révolution iraniens ont réaffirmé leur engagement envers le cessez-le-feu, déclarant n’avoir lancé aucune attaque pendant la période de trêve convenue. Cependant, les récents bombardements intensifs du Liban par Israël, qui ont fait des centaines de victimes, ont ébranlé une situation déjà précaire moins de 48 heures après le début du cessez-le-feu.

L’inclusion du Liban

Pour compliquer encore davantage la situation, le Pakistan insiste pour que le Liban soit inclus dans le cessez-le-feu, une position soutenue par Washington et Bruxelles, qui fait pression pour que des pourparlers parallèles aient lieu avec Beyrouth. Le département d’État américain a confirmé que des pourparlers entre Israël et le Liban auraient lieu à Washington la semaine prochaine afin de discuter des négociations de cessez-le-feu en cours. Aucun des deux pays n’a officiellement confirmé ces discussions, bien qu’elles s’inscrivent dans le cadre de la directive du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu visant à rechercher un dialogue direct avec le Liban axé sur le désarmement du Hezbollah.

Le Liban maintient qu’il exige une trêve avant d’entamer toute négociation avec Israël. Malgré le cessez-le-feu, les attaques persistent, avec des sirènes d’alerte aérienne retentissant à Tel-Aviv et dans d’autres régions d’Israël, et le Hezbollah revendiquant la responsabilité de frappes de drones et de roquettes contre des cibles israéliennes le long de la frontière.La poursuite des opérations militaires israéliennes au Liban a jeté une ombre sur les pourparlers attendus au Pakistan.

Une médiation fracturée

La trêve de deux semaines visait à faciliter les négociations entre les responsables américains et iraniens afin de mettre fin à un conflit qui a fait des milliers de morts et a provoqué des ondes de choc dans l’économie mondiale. L’Iran affirme que les frappes israéliennes ont rendu les pourparlers au Pakistan inutiles et souligne le rôle essentiel du Liban dans le cessez-le-feu. Malgré la confirmation initiale de l’arrivée d’une délégation iranienne, l’ambassadeur de Téhéran au Pakistan a par la suite supprimé le message publié sur les réseaux sociaux.

La délégation américaine devrait être conduite par le vice-président JD Vance, accompagné de l’envoyé spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, gendre de président Donald Trump. Cependant, de nouvelles fissures sont apparues dans le processus de médiation lorsque le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, a publiquement condamné les actions d’Israël au Liban, les qualifiant de « génocide » et exprimant l’espoir que les responsables de la création d’Israël « brûlent en enfer ».

Réaction d’Israël

Israël a réagi vivement à ces propos, les jugeant inacceptables et incompatibles avec le rôle de médiateur neutre du Pakistan. L’absence de relations diplomatiques officielles entre le Pakistan et Israël complique encore davantage sa position d’intermédiaire. Les inquiétudes grandissent au niveau international quant au fait que la poursuite des violences au Liban pourrait compromettre l’ensemble du processus de paix.

Netanyahu, qui soutient que le Liban n’est pas soumis à l’accord de cessez-le-feu, a réitéré sa position : « Quiconque s’en prend à des civils israéliens sera frappé. Nous continuerons à frapper le Hezbollah partout où cela sera nécessaire. » Trump a laissé entendre qu’Israël réduisait ses frappes au Liban et que Netanyahu lui avait assuré qu’elles seraient moins intenses.

Le détroit d’Ormuz, un enjeu majeur

Si les pourparlers se poursuivent, le détroit d’Ormuz, passage maritime crucial pour le transport mondial d’énergie, constituera probablement un point de discorde majeur. Trump a accusé l’Iran de ne pas garantir la libre circulation du pétrole dans le détroit et de violer les termes de l’accord de cessez-le-feu. Il a mis en garde Téhéran contre l’imposition de droits de passage aux navires traversant cette voie navigable vitale. Les données de MarineTraffic ont montré qu’un pétrolier gabonais avait traversé le détroit jeudi, marquant ainsi le premier passage d’un navire non iranien depuis la déclaration du cessez-le-feu.(fc)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Plus