Principaux renseignements
- La marine américaine sollicite l’autorisation du législateur pour construire des navires dans des chantiers navals internationaux.
- L’effondrement de l’industrie nationale et la pénurie de main-d’œuvre entravent la production américaine.
- Des partenariats stratégiques avec le Japon et la Corée du Sud doivent combler l’énorme déficit de capacité.
Pour remédier à une pénurie critique dans la production navale, la Marine américaine étudie la possibilité de faire appel à des chantiers navals internationaux pour construire sa future flotte. Selon le plan de construction navale publié en mai 2026, l’armée sollicite des amendements législatifs pour l’exercice 2027 qui permettraient la fabrication à l’étranger de modules de combat spécifiques et la construction de jusqu’à deux navires auxiliaires. Une telle initiative représenterait un changement de politique sans précédent, marquant la première fois depuis des siècles que la Marine se tourne vers l’étranger pour la production de navires de grande envergure.
Crise dans le secteur de la construction navale américaine
Cette tendance à l’externalisation découle d’un grave effondrement systémique au sein de l’industrie navale américaine, qui a entraîné le plus faible nombre de coques depuis l’époque précédant la Première Guerre mondiale. Les contraintes nationales comprennent un manque d’infrastructures adéquates et une main-d’œuvre en déclin.
L’ancien secrétaire à la Marine, John Phelan, a mis en évidence cette crise de la main-d’œuvre fin 2025, soulignant que l’industrie peine à rivaliser avec les conditions de travail plus faciles et les salaires comparables offerts par des géants du secteur privé comme Amazon.
La Chine, nouveau leader mondial
La disparité en matière de capacité de production est particulièrement frappante lorsqu’on la compare à celle des concurrents mondiaux. Si la marine américaine conserve la première place en termes de tonnage total, elle se classe désormais troisième en termes de nombre réel de navires. La production navale chinoise est estimée à 230 fois celle des États-Unis.
Pour illustrer l’ampleur de cet écart, une seule entreprise chinoise, la China State Shipbuilding Corporation, a produit plus de tonnage en un an que l’ensemble de l’industrie américaine depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Alliances stratégiques avec l’Asie
En conséquence, Washington envisage des partenariats stratégiques avec des alliés possédant une expertise de classe mondiale en matière de construction navale, notamment le Japon et la Corée du Sud. Des entreprises telles que Mitsubishi Heavy Industries et HD Hyundai Heavy Industries exploitent certains des chantiers les plus sophistiqués au monde.
Avec la Chine, ces deux nations forment un trio qui contrôle environ 90 pour cent de la capacité mondiale de construction navale, ce qui en fait des partenaires logiques pour l’initiative de la « Flotte d’or ».
Avenir
Cette crise est le résultat de décennies de déclin ; depuis les années 1970, quatorze chantiers navals américains ont cessé leurs activités, tandis qu’une seule nouvelle installation a été créée. La construction de nouveaux chantiers étant un processus lent qui nécessite une main-d’œuvre qualifiée qui n’existe pas actuellement, la Marine considère la coopération internationale comme une solution provisoire nécessaire.
Si certains projets ambitieux, comme le cuirassé de classe Trump, ont suscité le scepticisme des experts, la résolution de la crise industrielle sous-jacente est considérée comme le seul moyen pour les États-Unis de conserver leur statut de première puissance maritime mondiale.
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