Principaux renseignements
- Les économistes prévoient que la Réserve fédérale maintiendra ses taux d’intérêt inchangés jusqu’en mai, avant une éventuelle baisse en juin.
- Les inquiétudes grandissent quant à la tendance potentielle de Kevin Warsh, probable successeur de Jerome Powell, à mener une politique monétaire accommodante.
- La majorité des économistes estiment que Kevin Warsh, malgré ses positions fermes par le passé, pourrait être influencé par les pressions politiques en faveur d’une politique monétaire plus souple.
Les économistes prévoient que la Réserve fédérale (Fed) maintiendra son taux d’intérêt de référence jusqu’en mai, date à laquelle le mandat de Jerome Powell à la présidence de la Fed prendra fin. Une baisse est prévue en juin, selon un récent sondage Reuters. Cependant, les inquiétudes grandissent concernant Kevin Warsh, le successeur probable de Powell, et sa tendance potentielle à adopter une politique monétaire trop accommodante.
Inquiétudes quant à l’avenir de l’indépendance de la Fed
Plus de 70 pour cent des économistes participant au sondage ont exprimé leur inquiétude quant à une érosion significative de l’indépendance de la Réserve fédérale après le départ de Jerome Powell. Les opinions restent partagées quant à savoir si cette menace perçue pour l’indépendance s’est intensifiée depuis que le président Donald Trump a nommé Kevin Warsh le mois dernier, compte tenu des critiques publiques formulées par le président à l’encontre de Jerome Powell pour ne pas avoir mis en œuvre plus rapidement des baisses de taux.
Incertitude autour de la position politique de Warsh
L’incertitude qui entoure la position politique de Warsh complique encore davantage la situation. Si ses écrits et discours passés suggèrent une préférence pour une politique monétaire plus restrictive, ses récentes déclarations, notamment son optimisme concernant la productivité induite par l’IA et son potentiel désinflationniste, laissent entrevoir une tendance à la réduction des coûts d’emprunt. De nombreux économistes estiment qu’ils doivent en savoir plus sur Warsh lors de ses auditions de nomination prévues avant de se forger une opinion définitive sur l’avenir de l’indépendance de la Fed.
La majorité des économistes interrogés prévoient que la Fed maintiendra le taux des fonds fédéraux inchangé lors de sa prochaine réunion en mars. D’ici la fin du deuxième trimestre, près de 60 pour cent des économistes prévoient une réduction des taux à une fourchette de 3,25 à 3,50 pour cent, qui devrait intervenir en juin.
Risque de surstimulation de l’économie
Stephen Juneau, économiste américain à la Bank of America, met en garde contre le fait que si la Fed continue à baisser ses taux, cela pourrait conduire à une surstimulation de l’économie, en particulier si l’on tient compte de la politique budgétaire expansionniste prévue pour cette année. Il note que de telles mesures pourraient être contre-productives.
Malgré ces inquiétudes, les prévisions de croissance économique restent positives. Le sondage prévoit un ralentissement de la croissance économique américaine à 2,9 pour cent au dernier trimestre 2025, contre 4,4 pour cent au troisième trimestre. La croissance devrait se situer entre 2 pour cent et 2,4 pour cent tout au long de cette année.
L’inflation devrait rester supérieure à l’objectif de 2 pour cent de la Fed tout au long de l’année. Si la plupart des économistes anticipent au moins deux baisses de taux en 2026, il n’y a pas de consensus clair sur le niveau précis des taux d’intérêt en fin d’année.
Politique monétaire accommodante
Des inquiétudes persistent quant au parti pris potentiel de Warsh en faveur d’une politique monétaire accommodante. Presque tous les économistes interrogés ont exprimé leur conviction que Warsh serait plus enclin à adopter une politique trop accommodante qu’une politique trop restrictive. Oscar Munoz, stratège macroéconomique en chef pour les États-Unis chez TD Securities, reconnaît la position historiquement restrictive de Warsh sous les administrations démocrates et son approche moins restrictive sous les présidents républicains. Il suggère que, même si l’élaboration des politiques ne devrait idéalement pas être influencée par les affiliations politiques, il existe des inquiétudes quant au fait que les opinions de Warsh pourraient ne pas correspondre à la réalité économique actuelle.
Malgré certaines prévisions suggérant un taux de chômage stable autour de 4,5 pour cent cette année, ce qui pourrait militer contre de nouvelles baisses de taux, James Knightley, économiste international en chef chez ING, souligne que le président Trump attend de Warsh qu’il réponde à son souhait de voir les taux baisser. Il souligne toutefois que Warsh ne dispose que d’une voix parmi douze et qu’il devra convaincre les responsables sceptiques de la Fed pour mettre en œuvre les souhaits du président. (at)
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