Principaux renseignements
- Les drones russes Geran-5 à réaction réduisent considérablement les taux d’interception de l’Ukraine.
- Grâce à leur vitesse et à leur autonomie accrues, ces drones sont plus difficiles à neutraliser que les modèles précédents.
- Les chaînes d’approvisionnement mondiales permettent à la Russie de contourner les sanctions sur les composants essentiels des drones.
Le Geran-5 russe exerce une pression supplémentaire sur la défense aérienne ukrainienne. Le colonel Yuriy Ihnat, porte-parole de l’armée de l’air ukrainienne, a déclaré au Financial Times que l’Ukraine intercepte environ 60 pour cent des attaques menées avec le nouveau drone. Pour les autres variantes de drones, ce taux serait d’environ 90 à 95 pour cent selon Ihnat. Le Geran-5 a été utilisé pour la première fois dans des opérations en août 2026.
Conception
Le Geran-5 se distingue nettement des anciennes variantes de la série Geran. Son fuselage cylindrique et ses ailes droites lui donnent une apparence proche de celle d’un missile de croisière. Selon les données disponibles, l’appareil peut atteindre une vitesse d’environ 600 km/h, parcourir quelque 1 000 kilomètres et opérer à une altitude pouvant atteindre environ 6 000 mètres. Le drone dispose également de technologies qui le rendent plus résistant au brouillage électronique. Cela complique la détection et l’interception de l’appareil par les systèmes de défense aérienne au sol.
L’Ukraine dépend ainsi davantage de ses avions de combat pour faire face directement à cette nouvelle menace. Selon l’expert militaire russe Yuri Knutov, le Geran-5 utiliserait également la vision artificielle et des cartes numériques du terrain. Le drone pourrait ainsi identifier de manière autonome certaines cibles. Ces informations proviennent d’une source russe et n’ont pas été confirmées de manière indépendante.
Évolution de la guerre aérienne
La guerre aérienne en Ukraine s’est progressivement orientée vers les attaques à distance. À mesure que les défenses aériennes des deux camps se sont renforcées, les avions de combat ont eu davantage de difficultés à opérer durablement au-dessus du territoire adverse.
La Russie a donc notamment utilisé des bombes planantes, des missiles de croisière et des drones à longue portée. La série Geran est devenue un élément important de ces attaques. Les drones présentent notamment l’avantage d’être moins coûteux, de pouvoir être utilisés en grand nombre et de ne pas exposer de pilote à des tirs ennemis.
L’introduction de variantes Geran à propulsion à réaction constitue une nouvelle étape dans cette évolution. Leur vitesse plus élevée réduit le temps dont dispose la défense aérienne ukrainienne pour les détecter et les intercepter.
Évolution de la technologie des drones
La série russe Geran évolue de plus en plus vers des systèmes plus rapides équipés de moteurs à réaction. Les anciens Geran-1 et Geran-2 sont basés sur le Shahed-136 iranien et utilisent un moteur à pistons. Les variantes Geran-3, Geran-4 et Geran-5 sont ensuite passées à la propulsion à réaction.
La Russie donne désormais la priorité à la production des Geran-4 et Geran-5. Selon les services de renseignement militaire ukrainiens, environ 3 000 exemplaires des deux modèles sont produits chaque mois. La production du Geran-3 aurait été arrêtée selon les mêmes informations.
Le Geran-5 représente pour l’instant l’étape la plus avancée de cette évolution. La combinaison de sa vitesse, de son rayon d’action, de son altitude et de ses capacités de protection électronique le rend plus difficile à intercepter que les anciennes variantes.
Chaîne d’approvisionnement
Une analyse des drones Geran-5 abattus par les services de renseignement ukrainiens fait état de composants provenant de plusieurs pays. Parmi eux figureraient notamment un moteur à réaction chinois, des processeurs numériques américains et des transistors allemands.
La présence de ces composants montre que les drones russes reposent sur une chaîne d’approvisionnement internationale. Cela ne signifie toutefois pas automatiquement que les entreprises ou les pays concernés fournissent directement des composants militaires à la Russie. Une partie de ces technologies est commerciale et peut être obtenue par l’intermédiaire de négociants et de pays tiers.
Menaces futures et vulnérabilités défensives
La Russie concentre de plus en plus sa production sur les Geran-4 et Geran-5. Selon les services de renseignement militaire ukrainiens, cette production vise notamment à constituer davantage de stocks en vue d’attaques durant l’automne et l’hiver.
Dans le même temps, l’Ukraine fait face à des pénuries de missiles intercepteurs occidentaux. La disponibilité des intercepteurs Patriot est notamment sous pression. Les services de renseignement militaire ukrainiens ont précédemment indiqué que de nouveaux moyens d’interception suffisamment rapides étaient nécessaires pour contrer les nouveaux drones Geran à propulsion à réaction.
L’évolution des Geran-4 et Geran-5 montre ainsi à quel point la guerre aérienne évolue rapidement. Alors que l’Ukraine a amélioré son taux d’interception contre les drones plus anciens, la Russie cherche à mettre à nouveau cette défense à l’épreuve avec des systèmes plus rapides et plus difficiles à intercepter.(zvm)
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