Les dirigeants européens débattent de l’initiative « Buy European »


Principaux renseignements

  • Les dirigeants de l’UE débattent d’une initiative « Achetez européen » visant à renforcer la compétitivité face à des rivaux internationaux tels que les États-Unis et la Chine.
  • La proposition se heurte à l’opposition de certains pays préoccupés par les mesures protectionnistes et la complexité des réglementations supplémentaires.
  • Ce sommet met en évidence les divisions critiques au sein de l’UE, soulignant la nécessité d’une unité et d’une action décisive pour naviguer dans un paysage mondial en rapide évolution.

Les dirigeants de l’Union européenne se réunissent cette semaine pour discuter des stratégies visant à revitaliser l’économie du bloc face à la concurrence croissante des États-Unis et de la Chine. Le sommet se tient à Alden Biesen, dans le Limbourg belge. Il abordera toute une série de questions, notamment la déréglementation et la fragmentation des marchés des capitaux. Les barrières internes qui entravent les échanges au sein du marché unique seront également examinées.

Controverse autour de l’initiative « Buy European »

L’un des principaux points de discorde est l’initiative « Buy European ». Cette initiative propose de favoriser les entreprises européennes dans des secteurs clés, tels que les technologies propres. Cette approche, défendue depuis longtemps par la France, vise à renforcer la compétitivité européenne. Paris estime que certains pays pratiquent une concurrence déloyale en ne respectant pas les règles de l’Organisation mondiale du commerce.

Le président français Emmanuel Macron défend le « Buy European » comme un mécanisme de défense nécessaire. De leur côté, plusieurs pays d’Europe du Nord expriment leurs inquiétudes. Ils redoutent des implications protectionnistes potentielles et une complexité accrue des réglementations. Le Premier ministre suédois Ulf Kristersson souligne son scepticisme à l’égard de toute politique visant à isoler l’Europe des partenariats commerciaux mondiaux.

Points de vue divergents au sein du partenariat franco-allemand

Les points de vue divergents au sein du partenariat franco-allemand, traditionnellement considéré comme le moteur de l’intégration européenne, ajoutent une couche supplémentaire de complexité au débat. Alors que le chancelier allemand Friedrich Merz préfère un programme de déréglementation plus agressif et donne la priorité aux accords de libre-échange, Macron reste prudent à l’égard de tels accords et exprime son scepticisme à l’égard de l’accord proposé par l’UE avec le Mercosur.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, reconnaît les avantages potentiels du « Buy European ». Elle met en avant toutefois la nécessité d’une réflexion approfondie et d’une analyse économique solide. Selon elle, cela est indispensable pour garantir la conformité avec les obligations internationales. Elle insiste également sur l’importance de remédier à la fragmentation réglementaire au sein de l’UE. Elle cite, par exemple, les différences entre les limites de poids des camions en Belgique et en France. Selon elle, ces différences constituent des obstacles à l’efficacité des échanges commerciaux.

Un moment critique pour l’UE

Le sommet intervient à un moment critique pour l’UE, les anciens Premiers ministres italiens Mario Draghi et Enrico Letta ayant lancé des avertissements sévères sur la vulnérabilité du bloc dans un contexte mondial en pleine évolution. Draghi estime que l’Europe doit évoluer d’une confédération vers une fédération plus unifiée. Selon lui, cela permettrait de contrer efficacement les menaces extérieures et de maintenir la position de l’Europe en tant que puissance mondiale.

Von der Leyen reconnaît les défis inhérents à la recherche d’un consensus entre les 27 États membres, mais se dit disposée à explorer d’autres voies pour faire avancer des initiatives clés, telles que l’intégration des marchés de capitaux de l’UE, même si cela nécessite de procéder avec un groupe plus restreint de pays. Elle souligne l’urgence de supprimer les obstacles qui entravent la capacité de l’UE à être compétitive à l’échelle mondiale et à réaliser pleinement son potentiel économique.

(JW)

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