Les coupes budgétaires dans l’aide au développement pourraient entraîner 22 millions de décès évitables d’ici 2030


Principaux renseignements

  • Les scientifiques préviennent que 22 millions de décès évitables supplémentaires pourraient survenir dans le monde d’ici 2030.
  • La plupart des pays donateurs traditionnels ont déjà annoncé d’importantes coupes budgétaires dans l’aide au développement.
  • Le retrait brutal de l’aide au développement pourrait réduire à néant des décennies de progrès en matière de santé mondiale.

Dans une nouvelle étude publiée dans The Lancet Global Health, les scientifiques avertissent que les réductions récentes et prévues de l’aide au développement pourraient entraîner plus de 22 millions de décès évitables supplémentaires dans le monde d’ici 2030. 5,4 millions de ces décès concerneraient des enfants de moins de cinq ans.

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Des scientifiques de l’Institut de santé mondiale de Barcelone ont étudié le lien entre les différents budgets d’aide au développement reçus par les pays et leur incidence sur les taux de mortalité dans les pays en développement. Sur la base de ces données, les chercheurs ont élaboré trois scénarios. Dans le scénario le plus radical, l’aide au développement est considérablement réduite. Le budget mondial consacré au développement jusqu’à la fin de la décennie chute à la moitié du niveau de 2025.
Ces coupes budgétaires importantes entraîneraient la mort d’environ 22,6 millions de personnes supplémentaires, dont 5,4 millions d’enfants de moins de cinq ans. Mais même un scénario plus modéré pourrait entraîner 9,4 millions de décès évitables.

Pays donateurs

La plupart des pays donateurs traditionnels (notamment l’Allemagne, les États-Unis et la Suède) ont déjà annoncé d’importantes réductions de leur aide au développement. Ainsi, les États-Unis ont réduit de moitié leur budget d’aide en 2025, passant d’environ 68 milliards de dollars (57,6 milliards d’euros) à 32 milliards de dollars (27,1 milliards d’euros). La Belgique réduit également fortement son aide au développement. Le Premier ministre Bart De Wever souhaite ramener le montant annuel de l’aide au développement d’environ 1,2 milliard d’euros à 600 millions d’euros d’ici 2027.

Conséquences sur les soins de santé

« Ils ont dissous 300 unités d’aide primaire en Afghanistan parce qu’elles étaient financées par l’USAID. La situation évolue, et de nombreux pays sont désormais en proie au chaos », explique le professeur Davide Rasella, auteur principal de l’étude, au Guardian.

Au cours des deux dernières décennies, l’aide étrangère au développement a permis de réduire de 39 pour cent la mortalité infantile. En outre, les investissements dans l’aide ont également été particulièrement efficaces pour réduire la mortalité due au sida, au paludisme et aux carences nutritionnelles. Le retrait brutal de cette aide pourrait réduire à néant des décennies de progrès dans le domaine des soins de santé mondiaux, affirment les chercheurs. « Le financement public a joué un rôle décisif dans la réduction de la mortalité évitable dans les pays à faible et moyen revenu au cours des vingt dernières années. Le retrait brutal de cette aide risque de causer des millions de décès évitables. » (fc)

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