Les conserveries sont inquiètes : les millenials n’achètent pas de thon en boîte

Le thon en conserve, unaliment de base du 20ème siècle, lutte afin de conserver sa placesur les étagères des cuisines américaines. Aux Etats-Unis,plusieurs sociétés centenaires de thon telles que StarKist Co.,Bumble Bee Foods LLC et Chicken of the Sea International tentent pardivers moyens de relancer la demande de thon.  

Afin de conserver leurposition dominante sur un marché en contraction, ces sociétés ontrecours à des stratégies telles que la vente de thon en sachets oudans des kits aromatisés aux saveurs à la mode ou encore commecollation santé.

« Pour ramenerl’enthousiasme chez les consommateurs, nous devons être pluscréatifs », a déclaré Jan Tharp, président-directeurgénéral par intérim de Bumble Bee.

Le thon boudé par lesgénérations plus jeunes

Les producteurs de thontraditionnels sont confrontés à des problèmes similaires à ceuxqui ont affecté dans le passé d’autres fournisseurs d’alimentsemballés tels que la soupe. Par ailleurs, les jeunes générationsboudent le thon et s’orientent davantage vers des options alimentairesplus fraîches et moins transformées. Les producteurs doiventégalement faire face à la concurrence de marques plus récentes etplus sophistiquées qui innovent dans une catégorie laissée de côtépar les grandes marques.

Les trois grandes sociétésde thon totalisent aux Etats-Unis encore 80% des ventes. Cependant,dans son ensemble, l’industrie est en chute. La consommation de thonen conserve a diminué de 42% en cours des trois décennies et cejusqu’en 2016. Les ventes de poissons ont diminué de 4% entre 2013et 2018.

Commodité

Dans un pays axé sur lacommodité, le thon en conserve n’a plus vraiment la cote auprès desconsommateurs. Ces derniers rechignent à ouvrir et vider les boîtes de thon. Le fait de devoir seprocurer des couverts et des plats pour consommer le thon n’est pasnon plus du goût des consommateurs. « Beaucoup de personnes dela génération du millénaire ne possèdent même pasd’ouvre-boîtes », a expliqué Andy Mecs, vice-président dumarketing et de l’innovation pour StarKist, une filiale du groupesud-coréen Dongwon.

Les jeunes consommateurschoisissent plutôt du poisson frais ou congelé. Une étude ducabinet d’études Mintel a montré que seuls 32% des consommateurs de18 à 34 ans avaient acheté récemment du poisson ou des mollusqueset crustacés en conserve, contre 45% des 55 ans et plus.

Le thon est arrivé dansles placards américains après une pénurie de sardines en 1903. Parla suite, ce produit est devenu plus populaire durant les pénuriesde protéines en temps guerre et à mesure que des nouvellestechnologies de mise en conserve se développaient. Mais, depuis lafin des années 1980, la réputation du thon a pris un coup car lesconsommateurs s’inquiètent de sa contamination potentielle aumercure, des dommages causés aux dauphins attrapés dans les filets destinés à la pêche au thon et de sa ressemblance avecde la nourriture pour chats. L’odeur du thon dérange également. 

Face à ces obstacles,StarKist a décidé de ne pas abandonner le thon qu’ellecommercialise depuis un siècle. La société se repositionne et acommencé depuis trois ans à vendre du saumon et des sachets depoulet.

L’entreprise s’orienteégalement vers la commercialisation de thon en sachets. Les ventesde thon en sachets augmentent de 20% par an. Cette solution estégalement plus populaires que les conserves chez les jeunesconsommateurs. StarKist mise aussi sur les saveurs du monde pour sonoffre de thon.

Les petites marques dethon tentent quant à elles d’attirer les consommateurs en leurpromettant une offre de poissons plus sûre, plus durable et demeilleure qualité. Les méthodes de pêche de ces marques ont étécertifiées par une groupe de gestion des ressources maritimes.Contrairement aux grandes marques qui cuisent le thon deux fois, unede ces entreprises, Wild Planet, cuit le poisson une fois dans laboîte, ce qui lui permet de mariner dans ses jus naturels et dansses huiles saines. Par conséquent, les ventes ont énormémentaugmenté, explique Bill Carvalho, fondateur et président de WildPlanet.

D’autres marques tententde faire renaître l’intérêt des consommateurs en vendant le thonen collation santé accompagné de crackers. Ces collations sontplacées dans les sections de fruits secs et de viandes à la modedans les supermarchés. Selon Bumble Bee, le placement permettraitd’augmenter les ventes de près de 25%.

Les consommateurs sedisent prêts à essayer les nouveaux produits à base de thon. Mais lescepticisme reste de mise. Actuellement, il existe des tendancesalimentaires comme le quinoa et le chou frisé et il semble que le thon n’en fait pas encore partie.