Les compagnies aériennes contestent les obligations de l’UE en matière de carburants synthétiques


Principaux renseignements

  • Les compagnies aériennes européennes exhortent l’UE à reporter ou à revoir ses obligations strictes.
  • Airlines for Europe fait valoir que les exigences actuelles en matière d’eSAF risquent d’entraîner des pénalités se chiffrant en milliards d’euros.
  • Le groupe affirme que le calendrier ambitieux de l’UE en matière de carburants aériens verts dépasse la capacité de production réaliste d’eSAF.

Le groupe Airlines for Europe, qui représente de grands transporteurs tels que Lufthansa, Air France-KLM, Ryanair et IAG (propriétaire de British Airways), cherche à repousser, voire à faire annuler complètement, les exigences prévues par l’UE en matière de SAF. La réglementation actuelle impose une utilisation de 2 pour cent de SAF dans les aéroports de l’UE à partir de 2025, avec une augmentation à 6 pour cent d’ici 2030, y compris une exigence spécifique de 1,2 pour cent d’eSAF, un carburant synthétique produit à partir d’électricité renouvelable.

Un calendrier plus réaliste

Les compagnies aériennes font valoir que le calendrier actuel de mise en œuvre de ces obligations est irréaliste compte tenu de la capacité de production limitée de l’eSAF. Elles craignent que la réalisation de l’objectif de 2030 ne nécessite l’acquisition de volumes de carburant qui pourraient ne pas exister en quantités commercialement viables, ce qui entraînerait des coûts de mise en conformité exorbitants.

La flambée des prix du kérosène a déjà contraint les compagnies aériennes à augmenter leurs tarifs et à réévaluer leurs projections financières.

L’eSAF est prometteur

Contrairement aux carburants durables conventionnels (SAF) dérivés de matières biologiques, l’eSAF promet une alternative à faible teneur en carbone indépendante des matières premières limitées issues des déchets. Cependant, Airlines for Europe soutient que l’obligation actuelle risque de dépasser l’offre, ce qui pourrait entraîner des pénalités substantielles pour les compagnies aériennes qui ne parviennent pas à s’approvisionner en quantités suffisantes d’eSAF. Ces pénalités pourraient en fin de compte être répercutées sur les passagers sous la forme d’une augmentation des prix des billets.

Le groupe prévoit de formaliser sa position dans le courant de la semaine, en mettant en avant des projections indiquant que la production d’eSAF ne couvrirait qu’environ 0,7 pour cent de la demande d’ici 2030, ce qui est nettement inférieur aux exigences de l’UE.

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