Les capitales européennes font front uni face à Airbnb

Face à la concurrence dela plate-forme Airbnb, qui fêtera ses dix ans cet été, lesprincipales villes européennes telles que Paris, Amsterdam,Berlin et Barcelone organisent la contre-attaque. Les autorités deces villes souhaitent introduire des mesures pour freiner la croissance d’Airbnb tout enmaintenant les loyers sous contrôle.

Airbnb a débuté sesactivités en 2008 en tant qu’Airbed & Breakfast. Aprèsplusieurs faux départs, la plate-forme a commencé à intéresser leconsommateur suite à la Convention nationale démocratique de Denverla même année. L’objectif d’Airbnb était de devenir unealternative compétitive à un marché hôtelier « saturé » et,comme l’expliquait l’un de ses co-fondateurs, d’être « un moyen defaire quelques dollars ».

Leader du marché

Dix ans plus tard, Airbnba une valeur estimée à 31 milliards de dollars américains (26,3milliards d’euros) et dispose d’un stock de cinq millions d’unitésd’hébergement dans 81.000 villes au sein de quelque 200 pays. Airbnbest devenu une réussite absolue dans le domaine de l’économie dupartage car elle répond à « la demande touristique etprofessionnelle croissante pour des logements indépendants et plusspacieux dans les grandes villes », a indiqué l’associationfrançaise d’urbanisme Apur le mois dernier.

Airbnb est devenu un rivalimportant de l’industrie hôtelière en échappant aux conditionslégales et fiscales imposées aux nuitées commercialestraditionnelles.

Les autorités municipalesont également exprimé « de nombreuses craintes », constateApur. En effet, les locations de style Airbnb ont fait grimper lesprix dans la mesure où de nombreuses grandes villes européennesainsi que New York et Tokyo se sont lancées dans une offensiveréglementaire. Pour de nombreux propriétaires, les touristes sesont révélés plus lucratifs que les locataires traditionnels.

Les autorités locales degrandes villes européennes ont également réagi afin de tenterd’imposer certaines limites aux activités d’Airbnb.

Paris, premier marchémondial d’Airbnb avec quelque 60.000 locations, la plate-forme a déjàété confrontée à des problèmes juridiques ainsi que son concurrentWimdu. Les autorités ont également réprimé plus sévèrement lespropriétaires qui ne respectaient pas les exigences légales,certains d’entre eux ayant déjà été condamnés à des amendesaprès que le Parlement français ait voté un paquet de mesures lemois dernier.

A Paris, une limite estimposée sur le nombre de jours par année durant lesquelsl’hébergement peut être loué via Airbnb. Une plainte légale aégalement été déposée contre Airbnb et Wimdu pour avoir omis deretirer des publicités de personnes ne déclarant pas correctementleurs propriétés

Contribution importante

Les villes espagnoles sesont efforcées de faire pression sur les propriétaires privés enlimitant, par exemple, les offres aux appartements durez-de-chaussée, qui offrent également une entrée privée.

Palma de Majorque chercheà interdire les locations via Airbnb après avoir constaté que leprix des locations avaient augmenté de 40% entre 2013 et 2017.

À Madrid, où quelque9.000 appartements sont loués – environ 2.000 d’entre eux sanspermis – les autorités radicales de la ville de gauche cherchentavant la fin de l’année à introduire un taux d’imposition de 95%pour les locations légales. Barcelone a également pris des mesuressuite aux protestations des habitants des zones noyées dans une merde touristes prêts à faire la fête à toute heure.

Les autorités de la villeont décidé qu’aucune nouvelle licence ne sera accordée auxappartements individuels situés dans le centre-ville historique.

Des mesures visant àfreiner la croissance d’Airbnb ont également été prises àAmsterdam et à Berlin.

En décembre 2016,Amsterdam a signé un accord salué comme « unique en Europe » avecAirbnb interdisant les locations au-delà de 60 jours par an.

Des représentantsd’Amsterdam, de Barcelone, de Lisbonne, de Madrid et de Paris se sontrécemment rencontrés pour dresser un tableau de l’ampleur duproblème et un bilan des mesures prises par les autorités. Berlinva se joindre à ce groupe.

En outre, une douzaine devilles européennes doivent se réunir à Bruxelles avant de tenirdes pourparlers en automne avec la commissaire européenne au marchéintérieur, Elzbieta Bienkowska.

« Nous sommesconfrontés au double langage de la plate-forme qui, d’une part, ditqu’elle va respecter les règles et, d’autre part, se livre à unlobbying intense à Bruxelles », a déclaré M. Brossat. chargédes affaires locatives à Paris.

Malgré toutes lesturbulences, plusieurs professionnels du tourisme ont admis qu’Airbnba également apporté une contribution importante au développementdu secteur. « La plate-forme a fait un travail remarquable dans desdomaines tels que la réservation et la préparation de voyages »,a expliqué Fabrice Collet, directeur général du groupe français B &B Hôtels.

« En outre, Airbnb afacilité la communication entre les touristes et les hôtes. »Selon M. Collet, il faut reconnaître que la stratégie detarification d’Airbnb a permis à de nombreuses familles de voyageréconomiquement pour la première fois.