Principaux renseignements
- Les pays du BRICS ont affiché des réactions divergentes face au conflit entre les États-Unis et Israël avec l’Iran, contrastant fortement avec leur condamnation unanime en 2025.
- L’Inde, qui préside actuellement les BRICS, a donné la priorité à ses propres intérêts plutôt qu’aux objectifs de l’alliance, ce qui pourrait annoncer un rapprochement avec Israël et les États-Unis.
- Les réactions divergentes au sein des BRICS soulignent les défis auxquels l’alliance est confrontée pour naviguer dans un paysage géopolitique complexe.
Le bloc BRICS, une alliance multinationale qui comprend l’Iran, est resté inhabituellement silencieux face à la guerre actuelle entre les États-Unis et Israël contre l’Iran. C’est ce qu’écrit Al Jazeera. Cette réticence contraste fortement avec la réaction du groupe lors du précédent conflit entre Israël et l’Iran en juin 2025, lorsque le BRICS, alors présidé par le Brésil, avait condamné les attaques conjointes américano-israéliennes comme une violation du droit international.
Changement de priorités
Selon les analystes, l’Inde, qui préside actuellement le BRICS, privilégie ses propres intérêts par rapport aux objectifs de l’alliance, ce qui pourrait annoncer un rapprochement avec Israël et les États-Unis.
Si l’organisation BRICS elle-même n’a pas publié de déclaration directe concernant l’opération « Epic Fury », certains de ses membres ont réagi. L’Afrique du Sud, qui est elle-même en conflit avec les États-Unis, a exprimé ses inquiétudes quant à une possible escalade du conflit et a appelé à un cessez-le-feu. Elle a également proposé de servir de médiateur dans cette situation.
La Russie, proche alliée de l’Iran, a également critiqué les attaques américano-israéliennes et l’assassinat du guide suprême iranien, mais n’a pas fait état d’une intervention militaire. La Chine, quant à elle, s’est opposée aux frappes militaires contre l’Iran, invoquant les progrès réalisés dans les négociations entre Washington et Téhéran.
Réaction mesurée de l’Inde
L’Inde s’est toutefois abstenue de condamner ouvertement les attaques. Le ministère des Affaires étrangères du pays a appelé à une fin rapide du conflit, soulignant l’importance du dialogue et de la diplomatie. Le Premier ministre Modi s’est également entretenu avec les pays du Golfe, critiquant les représailles sur leurs territoires.
Les détracteurs, en particulier ceux du parti d’opposition indien, le Congrès, ont remis en question l’absence de condamnation ferme de la part de Modi, surtout au vu de sa récente visite en Israël, où il s’est adressé à la Knesset quelques jours avant le début de la guerre. Ce timing a suscité des inquiétudes quant à l’approbation tacite des attaques par l’Inde.
L’importance de la visite de Modi
Au cours de la visite de Modi, l’Inde et Israël ont signé plusieurs accords commerciaux dans les domaines de la défense et de l’intelligence artificielle, renforçant ainsi leur collaboration de longue date. Certains analystes supposent que Modi était peut-être au courant des attaques imminentes contre l’Iran.
L’Inde mène depuis longtemps une politique d’autonomie stratégique, équilibrant ses relations avec les pays occidentaux et non occidentaux. Cette approche s’est manifestée par la poursuite des achats de pétrole russe par l’Inde malgré les sanctions américaines.
Équilibre au sein des BRICS
Les États-Unis ont déjà menacé les BRICS de droits de douane, et les commentaires du président Trump suggèrent une volonté de voir le groupe dissous. L’absence récente de l’Inde aux exercices militaires des BRICS en Afrique du Sud, une décision attribuée à la volonté d’équilibrer ses relations avec les États-Unis, souligne encore davantage la complexité de l’alliance.
Si la Chine, autre membre du BRICS, a également été confrontée à des défis commerciaux avec les États-Unis, elle s’est prononcée en faveur de l’Iran. Cependant, certains critiques affirment que la Chine n’a pas fait assez pour intervenir directement dans le conflit.
L’avenir des BRICS
En fin de compte, les réponses divergentes des membres des BRICS soulignent les défis auxquels est confrontée une alliance multinationale diversifiée pour naviguer dans des situations géopolitiques complexes. L’avenir du groupe dépend de sa capacité à parvenir à un consensus malgré la diversité des intérêts et des priorités.
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