Principaux renseignements
- Les analystes prévoient plusieurs hausses des taux d’intérêt par la Banque centrale européenne (BCE) cette année en raison des risques inflationnistes.
- Le sentiment du marché suggère une forte probabilité de hausses des taux en avril et en juin.
- Les experts appellent à la prudence, soulignant la nécessité pour la BCE de trouver un équilibre entre les préoccupations inflationnistes et les considérations de croissance économique.
Les institutions financières prévoient plusieurs hausses des taux d’intérêt par la Banque centrale européenne (BCE) cette année. Cette prévision fait suite à l’avertissement de la présidente de la BCE, Christine Lagarde, concernant des perspectives économiques de plus en plus incertaines et des risques d’inflation potentiels.
Prévisions des analystes
Alors que la BCE a maintenu son taux directeur à 2 pour cent et s’est abstenue de prendre des engagements concrets quant à ses actions futures, les analystes adoptent une position plus restrictive. Barclays et JPMorgan prévoient jusqu’à trois hausses de taux de 25 points de base chacune en avril, juin et juillet. Ces hausses porteraient le taux de dépôt de la BCE à 2,75 pour cent d’ici la fin de l’année. Morgan Stanley prévoit des hausses de taux lors des réunions de juin et de septembre, portant le taux à 2,5 pour cent.
Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, a laissé entendre dans une interview qu’une hausse des taux en avril pourrait s’avérer nécessaire si la guerre persistait et que l’inflation refaisait surface. Il a souligné qu’une politique monétaire plus restrictive pourrait être requise si les projections d’inflation à moyen terme se détérioraient et si les anticipations d’inflation restaient élevées.
Les marchés estiment à 50 pour cent la probabilité d’une hausse des taux d’intérêt en avril
Les prévisions du marché indiquent actuellement une probabilité d’environ 50 pour cent d’une hausse des taux de la BCE en avril, passant à 80 pour cent pour une hausse en juin. Cependant, certains experts prônent la prudence. L’ancien président de la BCE, Jean-Claude Trichet, estime que l’approche de la BCE consistant à prendre des décisions au cas par cas est judicieuse, car elle lui permet d’évaluer de manière approfondie toutes les informations pertinentes. Il a également rejeté l’idée selon laquelle l’Europe serait confrontée à une stagflation, affirmant que le ralentissement de la croissance n’avait pas été « dramatique ».
Les économistes d’UBS s’attendent à ce que la BCE maintienne ses taux actuels plutôt que de resserrer sa politique monétaire, contredisant ainsi les anticipations dominantes du marché. En fin de compte, la durée de la guerre reste un facteur crucial influençant les décisions de la banque centrale. (jv)
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