Les avions des compagnies low-cost sont-ils aussi sûrs que ceux des compagnies aériennes traditionnelles?

Le crash de l’Airbus A320 Germanwings le mois dernier aura été le premier accident mortel pour une compagnie aérienne low-cost en Europe, ce qui n’a pas manqué de poser la question de la sécurité sur les vols de ce type de compagnies. La sécurité est-elle au rabais, comme le prix des billets, avec ce type de compagnies ?  Non, répond le journal économique français les Echos. Il cite les arguments suivants :

  • Les compagnies low-cost assurent désormais 40% des vols en Europe, et malgré leur forte implantation sur ce marché, on constate que la baisse tendancielle du « taux de perte de coque d’avion à réaction » (IATA) se poursuit. Celui-ci, qui était fixé à 33 par million de vols en 2005, est tombé à 0,15 aujourd’hui.
  • Aucune des grandes compagnies « pure player » low-cost (Ryanair, easyJet, Vueling, Air Berlin et Norwegian) n’a encore connu d’accident fatal à aujourd’hui.
  • Les compagnies low-cost obtiennent de meilleurs résultats que les compagnies traditionnelles en matière de sécurité alors qu’elles opèrent plus de 900 avions et effectuent plus d’un million de vols par an.
  • Plusieurs études économétriques réalisées dans les années nonante aux Etats-Unis sécurité montrent que la sécurité ne s’améliore pas avec l’ancienneté des compagnies aériennes, mais qu’elle est plutôt liée à la rentabilité des compagnies. Une entreprise en difficulté financière aura tendance à sacrifier la maintenance et l’entretien, et à se borner aux minima réglementaires dans ces domaines. Une raison de plus de faire confiance aux compagnies low-cost, qui affichent des rentabilités parfois supérieures à 10%.
  • La forte profitabilité des compagnies low-cost leur permet de renouveler plus fréquemment leur flotte d’appareils, gage de rentabilité (un avion neuf est moins gourmand en carburant et en maintenance qu’un avion plus âgé)… mais aussi de sécurité.
  • Les compagnies low-cost sont également motivées par le souci de protéger leur réputation : contrairement aux compagnies traditionnelles, dont la réputation est mieux établie, elles ne pourraient éventuellement pas survivre à une catastrophe aérienne.

Même si le business-model des low-costs se fonde sur la facturation de services optionnels, il ne sacrifie pas la sécurité : « dans l’aérien, compagnie low cost ou pas, aucun client n’est prêt à accepter un prix plus bas, en échange d’un niveau de sécurité moindre », conclut le journal.