Les analystes préviennent que les prix du pétrole pourraient encore augmenter


Principaux renseignements

  • Les prix du pétrole ont atteint des sommets historiques en raison de l’escalade du conflit au Moyen-Orient.
  • La fermeture potentielle du détroit d’Ormuz menace de provoquer une crise énergétique sans précédent.
  • Les analystes préviennent que les réserves mondiales de pétrole sont insuffisantes pour compenser les perturbations prolongées de la production dans la région.

L’escalade de la crise au Moyen-Orient a fait craindre des perturbations prolongées de la production pétrolière et des blocages du trafic maritime dans le détroit crucial d’Ormuz, entraînant une flambée des prix du pétrole à des niveaux sans précédent.

Les prix du pétrole s’envolent

Lundi, les prix du pétrole ont connu une hausse spectaculaire, enregistrant leur plus forte augmentation journalière de l’histoire avant de se modérer quelque peu. Cette flambée fait suite à une nouvelle vague de frappes américaines et israéliennes contre l’Iran au cours du week-end, qui ont notamment visé des dépôts pétroliers.

Les contrats à terme sur le Brent, référence internationale, pour livraison en mai ont grimpé de près de 12 pour cent pour atteindre 103,59 dollars le baril, tandis que les contrats à terme sur le West Texas Intermediate américain pour livraison en avril ont augmenté de 11 pour cent pour atteindre 100,84 dollars. Plus tôt dans la journée, les contrats à terme sur le Brent ont atteint un pic de 119,5 dollars le baril, tandis que le WTI a atteint un sommet de 119,48 dollars.

Craintes d’une crise énergétique

Les analystes mettent en garde contre une crise énergétique potentielle sans précédent. La fermeture effective du détroit d’Ormuz, une voie maritime vitale pour environ 20 pour cent du pétrole et du gaz mondiaux, est un scénario auquel les marchés énergétiques n’ont jamais été confrontés.

Neil Atkinson, ancien expert pétrolier à l’Agence internationale de l’énergie, a exprimé sa profonde inquiétude dans une interview accordée à CNBC, déclarant que, à moins d’un changement rapide de la situation, le monde allait être confronté à une crise énergétique susceptible de changer la donne.

Pour ajouter à l’inquiétude, les pays riches en pétrole du Moyen-Orient ont commencé à réduire leur production de brut. L’Irak et le Koweït ont déjà entamé des arrêts de production, et les analystes préviennent que les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite pourraient également être vulnérables si le détroit d’Ormuz reste fermé pendant une période prolongée.

Réserves mondiales de pétrole

L’épuisement des réserves mondiales de pétrole est une préoccupation majeure. Atkinson a souligné que, bien qu’il existe des stocks de pétrole dans le monde entier, leur déploiement serait insuffisant pour compenser les arrêts de production prolongés dans les principaux pays producteurs.

L’impact potentiel sur les prix du pétrole reste incertain, Atkinson reconnaissant que les prévisions sont largement spéculatives. Il a déclaré : « Il n’y a pas de précédent à cela. Tout est possible. »

Réaction du G7

En réponse à l’escalade de la crise, les ministres des Finances des économies du G7 doivent tenir une réunion d’urgence pour discuter d’une libération coordonnée des réserves de pétrole, qui pourrait être orchestrée par l’Agence internationale de l’énergie.

Alors qu’il existait auparavant un consensus sur la réouverture prochaine du détroit d’Ormuz, Tyler Goodspeed, économiste en chef chez ExxonMobil, a exprimé son scepticisme alors que le conflit entre dans sa deuxième semaine. Il estime que les scénarios impliquant une fermeture prolongée du détroit deviennent de plus en plus probables.

Inquiétudes liées à l’arrêt de la production

Les analystes de la Société Générale ont également fait part de leurs inquiétudes quant au risque de complications liées à la reprise de la production. Ils prévoient que les Émirats arabes unis pourraient être le prochain pays à interrompre leur production de pétrole, potentiellement dans le courant de la semaine prochaine. Le Qatar est également considéré comme vulnérable, bien que sa production de pétrole soit relativement faible par rapport à ses exportations de gaz naturel liquéfié.

L’Arabie saoudite est moins exposée à un risque immédiat d’arrêt de la production, mais une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz pendant deux à trois semaines pourrait rendre de telles mesures nécessaires. (fc)

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