Les 500 jours de Trump: ce qu’il a réalisé (et ce qu’il n’a pas réalisé)

Dimanche, cela a fait exactement 500 jours que le président américain Trump a prêté serment. Dire que Trump a laissé sa marque sur la politique américaine et sur le monde au cours de ce laps de temps est un euphémisme. Voici un résumé des mesures les plus importantes qu’il a mises en œuvre et des promesses qu’il n’a pas (encore) pu accomplir :

1. La destruction de l’héritage d’Obama

    – Trump est sorti de l’accord climatique de Paris ; 

    – il a introduit des réductions d’impôt substantielles, les entreprises étant les plus avantagées ;

    – il a nommé le juge Neil Gorsuch, ce qui a déplace l’équilibre de la Cour suprême vers les conservateurs, et a nommé toute une série de juges conservateurs dans les tribunaux régionaux (ces juges décideront donc de la direction que les États-Unis prendront dans les décennies suivantes; il sont nommés à vie) ;

    – il a procédé à une dérégulation considérable dans tous les domaines ;

    – il a déplacé l’ambassade américaine en Israël à Jérusalem ;

    – il a réussi à annuler l’obligation de contracter une assurance-maladie comme le stipulait l’Obamacare ;

    – Il a sorti les États-Unis de l’accord nucléaire iranien et a également sorti son pays de l’accord commercial transpacifique (TPP).

    2. Le durcissement de la politique d’immigration américaine

    Une nouvelle politique d’immigration beaucoup plus stricte a été mise en place, avec une utilisation remarquable des lois existantes. Depuis peu, les enfants et leurs parents séjournant illégalement dans le pays sont séparés les uns des autres. Une chasse aux immigrants illégaux qui n’ont pas commis de délit a également débuté.

    3. Un turnover sans précédent

    Le premier mandat de Trump se caractérise par un renouvellement du personnel sans précédent , non seulement avec divers ministres (Cohn, McMaster, Flynn, Tillerson), mais aussi des conseillers (Bannon, Dina Powell, Reince Priebus, …) et d’ autres personnes occupant des postes importants (Mike Dubke , Sean Spicer, James Comey, Sally Yates, …), qui ont dû partir.

    4. La mainmise sur le Parti républicain

    Trump a la mainmise sur le parti républicain, marginalisant des figures telles que Reince Priebus, Paul Ryan et Mitch McConnell, et désormais, il contrôle et gère pratiquement seul le parti. Ajoutez à cela sa popularité avec sa base (« the forgotten people ») et son succès auprès de l’électorat républicain lui-même (voir le tableau ci-dessous) et le risque d’un potentiel « impeachment » (destitution de Trump) en raison de l’enquête sur une possible interférence de la Russie menée par le procureur spécial Robert Mueller est pratiquement inexistant.

    5. La naissance d’une nouvelle dynastie

    Trump a réussi à transférer des rôles importants à sa fille Ivanka et à son mari Jared Kushner, qui bénéficient désormais des deux «habilitations de sécurité permanentes» , ce qui signifie qu’ils ont accès à des informations hautement confidentielles. De même, son fils Donald Trump Jr. joue un rôle important en coulisses.

    © Getty Images

    6. L’institutionnalisation du mode « eux contre nous »

    Aucun autre président n’a réussi à monter les Américains les uns contre les autres comme Donald Trump, selon lequel le monde est divisé en « winners » et en « losers », et celui qui ne respecte pas le monde de Trump est rejeté comme un inférieur.

    Mais attention: en tant que prétendant au titre de « champion of the forgotten people »,  Trump n’est pas l’inventeur du eux contre nous » ; c’est ce « Eux contre nous » qui a inventé Trump.

    Ce qu’il a promis mais n’a pas encore réalisé :

    1. La construction d’un mur à la frontière avec le Mexique. Le Congrès n’a consenti qu’à un montant minimal pour cela.

    2. La dette souveraine américaine, qu’il a qualifiée de « disgrace »  (‘déshonneur’) à plusieurs reprises au cours de la campagne, n’a cessé de croître dans le cadre de sa politique.

    3. Le paquet de milliards de dollars promis pour la modernisation de l’infrastructure ne s’est pas encore matérialisé.

    Remarquable : 

    1. Le Washington Post a dénombré 3 251 délarations fausses ou trompeuses émis pendant ces 500 jours. Au cours de ses 100 premiers jours, Trump a déclaré une moyenne de 4,9 mensonges par jour, aujourd’hui ce ratio a augmenté, passant à 6,5 par jour.
    2. Selon Politifact,  69 % de ce que dit Trump n’est pas vrai; ce taux était de 29 % sous Obama.
    3. Aucun autre président républicain que Trump n’a obtenu de meilleurs scores d’opinions favorables de la part de l’électorat républicain au terme de ses 500 premiers jours, à l’exception de George W. Bush au lendemain des attentats du 11 septembre.