Principaux renseignements
- La fermeture du détroit d’Ormuz a entraîné une baisse de la production pétrolière de 10 millions de barils par jour, affectant l’approvisionnement mondial.
- Les prix physiques du brut dépassent largement les prix à terme, ce qui témoigne d’une pénurie aiguë et d’une ruée désespérée vers les cargaisons de pétrole disponibles.
- Malgré les efforts visant à libérer les réserves d’urgence, les analystes prévoient de nouvelles hausses de prix, pouvant dépasser les 200 dollars le baril.
La fermeture du détroit d’Ormuz a considérablement perturbé l’approvisionnement mondial en pétrole, entraînant une flambée des prix et des inquiétudes quant à d’éventuelles pénuries. Les producteurs du Golfe ont été contraints de réduire leur production d’environ 10 millions de barils par jour en raison de ce blocage, qui a affecté environ 20 pour cent de l’approvisionnement mondial en pétrole.
Cette perturbation se traduit par un écart substantiel entre les prix physiques du brut et les contrats à terme sur papier. Les prix physiques s’échangent à des niveaux bien plus élevés, indiquant une véritable pénurie alors que les acheteurs recherchent désespérément des cargaisons disponibles. Même avec la libération prévue de 400 millions de barils provenant des réserves d’urgence, les experts préviennent que les pertes d’approvisionnement pourraient dépasser les remplacements.
Bien que les contrats à terme sur le pétrole aient brièvement atteint un pic à 119 dollars le baril la semaine dernière, ils sont depuis retombés à 90 dollars et s’échangent actuellement autour de 100 dollars. Aujourd’hui, à 9 h 55, le prix du Brent s’établissait à 105,13 dollars le baril et celui du WTI à 98,25 dollars le baril.
Dépendance du marché vis-à-vis des assurances
Les opérateurs sur le marché à terme semblent compter sur les assurances données par l’administration américaine quant à une fin prochaine du conflit et sur la libération record de stocks d’urgence pour atténuer la pression à la hausse sur les prix du pétrole. Mais les analystes s’inquiètent de plus en plus d’une possible flambée des prix, certains prédisant que le seuil des 200 dollars le baril n’est plus impossible.
La situation est critique, en particulier en Asie où 20 pour cent de l’approvisionnement mondial a été coupé. Les acheteurs se bousculent pour s’assurer des cargaisons physiques, tandis que les raffineurs asiatiques envisagent de réduire leurs taux de traitement en raison de la disponibilité limitée des matières premières. Cette pénurie a entraîné des hausses de prix sans précédent pour le kérosène et le diesel, laissant des régions comme l’Europe confrontées à des pénuries critiques de distillats moyens.
Soulagement limité grâce aux réserves
La libération coordonnée par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) de 400 millions de barils provenant des réserves, bien qu’il s’agisse d’un effort historique, ne devrait pas apporter un soulagement suffisant, en particulier dans les pays asiatiques en développement. Ni la Chine ni l’Inde, les plus grands importateurs mondiaux de brut, ne sont membres de l’AIE. Bien que la Chine dispose d’une certaine marge de manœuvre face au choc, les stocks de l’Inde comptent parmi les plus faibles de la région.
Le Trésor américain a temporairement autorisé l’achat de pétrole brut russe bloqué dans des pétroliers, dans l’espoir d’alléger la pression. Cependant, cet approvisionnement sera insuffisant pour compenser la perte massive de pétrole du Moyen-Orient, qui alimente principalement les marchés asiatiques.
Réductions potentielles de production
Les analystes préviennent que les raffineurs asiatiques auront du mal à satisfaire leurs besoins d’achat de brut pour avril et pourraient devoir recourir à des réductions de production. Ils s’appuieront probablement sur leurs stocks tampons, qui ne durent généralement que 15 jours. À terme, de nombreux pays pourraient devoir puiser dans leurs réserves stratégiques de pétrole si le conflit persiste.
Malgré les efforts de l’administration Trump pour minimiser la flambée des prix et rassurer les marchés en affirmant que les prix du pétrole n’atteindront pas 200 dollars le baril, le marché physique du brut envoie un signal de détresse clair. Le manque d’approvisionnement immédiatement disponible pendant des semaines, voire des mois, brosse un tableau sombre de la crise énergétique actuelle.
(jw)(fc)
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