Principaux renseignements
- La prolongation du traité New START laisse du temps pour de futures négociations sur le contrôle des armements, mais permet à la Russie de poursuivre le développement d’armes avancées.
- Si la proposition de prolongation de Poutine est acceptée, cela pourrait dissuader la Chine de participer aux discussions sur le désarmement en raison de la faiblesse supposée des États-Unis.
- Les experts recommandent de donner la priorité aux mesures de réduction immédiate des risques, telles que les canaux de communication sécurisés, plutôt que de rechercher un nouveau traité multilatéral complexe.
Malgré une histoire de rivalité pendant la guerre froide, marquée par de nombreux traités nucléaires visant à contrôler la course aux armements, l’avenir du désarmement nucléaire reste incertain. Le traité New START, dernier accord encore en vigueur entre les États-Unis et la Russie, expire le 5 février.
Nouvelle prolongation ?
Les deux pays étant étroitement impliqués dans le conflit en Ukraine, aucune discussion n’a été menée au sujet d’un accord successeur. Le président russe Vladimir Poutine a proposé de prolonger d’un an les restrictions existantes du New START, mais le président américain Donald Trump n’a pas encore répondu officiellement à cette proposition. Les experts sont divisés quant aux avantages d’accepter la proposition de Poutine.
La prolongation du traité pourrait permettre de gagner un temps précieux pour trouver une issue et envoyer un signal d’engagement en faveur du contrôle des armements. Cependant, elle permettrait également à la Russie de poursuivre le développement de systèmes d’armes avancés qui ne sont pas couverts par le New START, tels que le missile de croisière Burevestnik et la torpille Poséidon. Le refus de la Russie de participer à des inspections mutuelles depuis 2023 complique encore la situation. Accepter la proposition de Poutine pourrait involontairement décourager la Chine de participer aux négociations sur le contrôle des armements, car cela donnerait l’impression que les États-Unis font preuve de réticence malgré l’arsenal nucléaire en pleine expansion de la Chine.
Chine
Les États-Unis et la Russie possèdent ensemble près de 87 % de toutes les ogives nucléaires dans le monde, ce qui souligne l’urgence des efforts mondiaux de désarmement. Bien que Trump ait exprimé le souhait d’impliquer à la fois la Russie et la Chine dans la dénucléarisation, Pékin juge ces propositions déraisonnables compte tenu de l’inégalité des arsenaux existants. Pour compliquer encore les choses, la Russie préconise d’inclure les capacités nucléaires des membres de l’OTAN tels que la Grande-Bretagne et la France dans les négociations futures, une proposition que ces pays rejettent fermement.
Compte tenu de ces obstacles, la conclusion d’un nouveau traité nucléaire multilatéral semble être une tâche extrêmement difficile. Une approche alternative pourrait être un accord bilatéral entre les États-Unis et la Russie, avec des restrictions flexibles sur les ogives nucléaires afin de contrer le programme nucléaire croissant de la Chine. Cependant, les experts donnent la priorité à des mesures immédiates visant à minimiser le risque d’un conflit nucléaire accidentel.
La mise en place de canaux de communication sécurisés entre toutes les parties concernées, y compris les capitales européennes, est essentielle pour limiter les crises potentielles. Si le contrôle des armements reste un objectif à long terme, la priorité accordée aux mesures de réduction des risques et de renforcement de la confiance offre une voie plus pratique et plus urgente dans le paysage géopolitique complexe actuel.
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici!

