Le “Titanic nucléaire” russe a pris ses fonctions et inquiète plus que jamais Greenpeace

Grande première en Russie: la toute première centrale nucléaire flottante a été inaugurée. Cette centrale unique au monde a pour mission d’alimenter en électricité les contrées isolées de Russie mais également de nouvelles plateformes pétrolières. Les organisations écologistes ne voient pas cette centrale d’un bon oeil. 

Ce samedi, la Russie a inauguré la toute première centrale nucléaire flottante. Nommée Akademik Lomonossov, elle a une mission: alimenter en électricité les contrées isolées de Russie.  

« Les centrales nucléaires flottantes vont permettre d’alimenter en électricité et en chaleur les régions les plus reculées, soutenant ainsi la croissance et le développement durable » explique Vitali Troutnev Chargé de la construction et de l’exploitation des centrales nucléaires flottantes de Rosatom.

Niveau mensurations, la centrale mesure 144 mètres de long, 30 mètres de large et elle contient 2 réacteurs d’une capacité de 35MW chacun (les réacteurs modernes ont une capacité de 1.000 MW). Pesant 21.000 tonnes, le centrale doit être remorquée par des gros bateaux puisqu’elle est dépourvue de moteurs. Après son séjour en Sibérie, Akademik Lomonossov sera tractée jusqu’au cercle arctique, près de la Sibérie orientale.  

Pétrole

Mais en plus d’alimenter la population en électricité, cette centrale nucléaire permettra également de faire fonctionner des plateformes pétrolières russes. Ainsi, la Russie pourra exploiter de nouveaux gisements d’hydrocarbures dans les océans.  

« Les centrales nucléaires flottantes vont permettre d’alimenter en électricité et en chaleur les régions les plus reculées, soutenant ainsi la croissance et le développement durable », soutient Vitali Troutnev tout en précisant que les systèmes de sécurité sont les plus sûres du monde.

Mais Greenpeace pointe justement des failles dans la sécurité de la centrale. Elle ne dispose pas d’enceinte de confinement, et selon l’ONG, aucune évaluation adaptée des risques n’a été réalisée. Les côtes escarpées, les icebergs, et les tempêtes épouvantables qui surviennent dans cette région sont autant de sources d’inquiétude.

« Tchernobyl sur glace »

Pour l’ONG, Akademik Lomonossov représente un gros danger. D’ailleurs, l’organisation lui a donné quelques petits noms comme « Titanic nucléaire » ou « Tchernobyl sur glace ». Greenpeace demande également une surveillance internationale. 

« Toute centrale nucléaire produit des déchets nucléaires, les accidents sont possibles. Une centrale flottante sera particulièrement exposée aux phénomènes météorologiques et aux menaces telles que le terrorisme. Imaginez que la barge se détache des vaisseaux de remorquage, les conséquences peuvent être graves », avertit Rashid Alimov, du département de l’énergie de l’ONG.

« La barge va être chargée et testée près d’une ville de 300.000 habitants (Mourmansk), puis remorquée avec deux réacteurs remplis de combustible irradié le long de la route maritime du Nord. Son installation dans l’environnement rude de l’Arctique russe constituera une menace constante pour les habitants du Nord et la nature vierge de l’Arctique », ajoute Jan Haverkamp, expert nucléaire de Greenpeace.