Principaux renseignements
- La Fédération internationale des associations de pilotes de ligne (IFALPA) plaide pour que les pilotes disposent d’une autorité absolue sur les vols dans les zones de guerre, ce qui leur permettrait de refuser certains itinéraires sans subir de pressions liées aux intérêts commerciaux.
- Les pilotes opérant dans des zones de conflit sont soumis à une pression mentale et émotionnelle considérable, ce qui nécessite des mesures de soutien telles que des temps de récupération et un accompagnement psychologique.
- La communauté internationale condamne les violations de l’espace aérien par l’Iran, soulignant les dangers que représente pour la sécurité de l’aviation civile l’utilisation de drones armés contre les pays voisins.
Le syndicat mondial des pilotes (IFALPA) a demandé que les pilotes de ligne disposent d’une autorité absolue sur les vols dans les zones de guerre. L’IFALPA fait valoir que les pilotes devraient pouvoir refuser de survoler ou de voler à l’intérieur de zones de conflit sans subir de pression de la part d’intérêts commerciaux. Cette prise de position intervient alors que le conflit en cours en Iran perturbe considérablement le trafic aérien à travers le Moyen-Orient, posant des risques accrus pour la sécurité des membres d’équipage et des passagers en raison des attaques de drones et de missiles.
Pression mentale et émotionnelle sur les pilotes
L’IFALPA souligne le poids mental et émotionnel que représente pour les pilotes le fait d’opérer dans des zones de conflit. Elle estime que la décision d’un pilote concernant les trajectoires de vol, y compris le refus de survoler une zone de guerre, devrait être définitive et à l’abri de toute incitation financière, de répercussions sur sa carrière ou de pression commerciale.
Malgré ces risques accrus, certaines compagnies aériennes poursuivent leurs opérations dans la région touchée. Par exemple, Emirates opère actuellement à environ 69 pour cent de sa capacité normale, tandis que Qatar Airways opère à environ 26 pour cent, selon les données de Flightradar24. Cela se traduit par des centaines de vols quotidiens traversant un espace aérien pris pour cible par les missiles et les drones iraniens.
Naviguer dans des « couloirs de sécurité » au milieu des attaques
Les Émirats arabes unis ont mis en place des « couloirs de sécurité » avec des trajectoires de vol spécifiques, mais les avions entrent encore fréquemment en attente pendant les attaques et peuvent être redirigés ou déroutés lorsque l’espace aérien est temporairement fermé. Qatar Airways affirme que la sécurité des passagers et de l’équipage est primordiale, précisant que tous les vols à destination et en provenance de Doha sont effectués via des couloirs de vol désignés, en étroite collaboration avec l’Autorité de l’aviation civile du Qatar. Emirates, qui accorde également la priorité à la sécurité, n’a pas encore répondu à une demande de commentaire.
Le document de l’IFALPA souligne la nécessité pour les compagnies aériennes de fournir aux pilotes opérant dans des zones de conflit des mesures de soutien telles que des temps de récupération après vol et un accompagnement psychologique confidentiel.
Des violations de l’espace aérien par l’Iran
Par ailleurs, l’agence des Nations Unies chargée de l’aviation a condamné l’Iran pour avoir violé l’espace aérien de pays voisins du Golfe tels que les Émirats arabes unis, le Qatar et l’Arabie saoudite, mettant ainsi en péril la sécurité de l’aviation civile.
Le conseil d’administration de l’Organisation de l’aviation civile internationale a dénoncé l’utilisation illégale par l’Iran de systèmes d’aéronefs sans pilote à des fins militaires contre des infrastructures civiles dans les États membres concernés. Cette décision fait suite à une communication de plusieurs États arabes détaillant les attaques de drones armés menées par l’Iran contre ses voisins. L’Iran a également soumis un document distinct concernant son territoire, qui sera examiné lors d’une prochaine session du conseil.
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