Le Royaume-Uni suspend le transfert des îles Chagos après l’opposition des États-Unis


Principaux renseignements

  • Le Royaume-Uni a suspendu le transfert de souveraineté des îles Chagos à Maurice en raison des objections des États-Unis.
  • Il reste primordial pour la Grande-Bretagne de garantir aux États-Unis un accès continu à la base aérienne de Diego Garcia.
  • Trouver une solution qui concilie les intérêts des États-Unis, du Royaume-Uni et des Chagossiens déplacés s’avère difficile.

Le Royaume-Uni a temporairement suspendu son projet de transfert de souveraineté sur les îles Chagos, L’archipel du Territoire britannique de l’océan Indien, à Maurice. Cette décision fait suite à l’opposition des États-Unis, partie prenante clé de l’accord en raison de la présence sur les îles de la base aérienne de Diego Garcia, d’importance stratégique.

Opposition des États-Unis

Le projet de loi visant à soutenir ce transfert n’a pas été inscrit à l’ordre du jour de la prochaine session parlementaire du gouvernement britannique. Le bureau du Premier ministre Keir Starmer a déclaré que les efforts se poursuivraient pour obtenir l’approbation officielle des États-Unis concernant cet accord. Le président américain Donald Trump avait précédemment exprimé des réserves quant à cet accord, le qualifiant de « grave erreur ». Selon les termes initiaux, la Grande-Bretagne aurait conservé le contrôle de la base de Diego Garcia grâce à un bail de 99 ans, garantissant la poursuite des opérations américaines.

Un porte-parole du gouvernement britannique a souligné que le maintien de la sécurité opérationnelle à long terme à Diego Garcia restait une priorité. Il a réitéré sa conviction que l’accord constituait la meilleure solution pour l’avenir de la base, tout en reconnaissant la nécessité du soutien des États-Unis pour sa mise en œuvre.

Des relations tendues

Récemment, l’alliance de longue date entre les États-Unis et le Royaume-Uni a été mise à rude épreuve en raison de divergences de positions sur plusieurs questions internationales. La réticence du Premier ministre Starmer à s’engager dans le conflit américano-israélien avec l’Iran et son refus initial d’autoriser l’utilisation des bases aériennes britanniques pour des frappes ont été des points de discorde.

Le procureur général de Maurice, Gavin Glover, a reconnu qu’il était crucial de trouver un « terrain d’entente » entre le Royaume-Uni et les États-Unis pour parvenir à un accord. Il a souligné que la détérioration des relations entre Starmer et Trump constituait un obstacle majeur, notant que le Royaume-Uni avait besoin que les États-Unis s’alignent sur le traité.

Toby Noskwith, représentant le groupe de campagne Indigenous Chagossian People, s’est dit surpris par cette suspension, soulignant que le processus a largement négligé les besoins et les droits des Chagossiens déplacés. Il a fait part de ses inquiétudes concernant les ressources financières gaspillées dans les négociations et a remis en question la légalité d’un plan qui prive le peuple chagossien de son droit à l’autodétermination.Ces îles ont fait l’objet d’une controverse à la fin des années 1960 et dans les années 1970, lorsque le Royaume-Uni a expulsé de force jusqu’à 2 000 Chagossiens autochtones pour établir la base militaire.

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