Principaux renseignements
- Le gouvernement britannique pourrait annuler l’acquisition de chasseurs furtifs F-35A afin de réduire les coûts.
- La perte de ces avions élimine un moyen de dissuasion nucléaire de faible puissance essentiel face à la Russie.
- Les déficits budgétaires menacent à la fois la modernisation militaire et la rénovation des installations de services essentiels.
L’acquisition de 12 chasseurs furtifs F-35A est actuellement remise en question par le gouvernement britannique, alors qu’il est confronté à un différend financier entre le Trésor et le ministère de la Défense.
Bien que Keir Starmer ait précédemment annoncé une initiative d’un milliard de livres sterling (1,16 milliard d’euros) pour ces appareils, des discussions de haut niveau évaluent actuellement s’il convient de reporter ou d’annuler l’achat afin de réduire les coûts. Cette tension a contribué au retard important du Plan d’investissement dans la défense (DIP), initialement prévu pour l’automne dernier.
Nucléaires stratégiques
Contrairement aux F-35B destinés aux opérations sur porte-avions, le F-35A est capable de déployer la bombe nucléaire tactique américaine B61. Les responsables militaires affirment que ces avions offrent une option intermédiaire cruciale sur l’échelle d’escalade de la guerre, comblant le fossé entre les forces conventionnelles et la puissance destructrice massive des missiles Trident 2 D5.
Des sources de la RAF avertissent que l’abandon de cette capacité exposerait la Grande-Bretagne à des menaces nucléaires de faible puissance émanant de la Russie et affaiblirait la crédibilité stratégique du Royaume-Uni.
Déficits budgétaires et tensions interministérielles
La pression financière est évidente, avec un déficit de 28 milliards de livres sterling auquel le ministère de la Défense devrait faire face au cours des quatre prochaines années. Alors que la chancelière Rachel Reeves aurait accepté de couvrir environ 18 milliards de livres sterling, le déficit restant a suscité des tensions.
Pour combler ce déficit, le gouvernement a envisagé de réduire les budgets d’autres ministères. Le ministère des Transports et le ministère de la Sécurité énergétique et du Zéro net ont été les principales cibles de ces réductions, ce qui a entraîné une frustration interne et une opposition de la part de ministres comme Heidi Alexander.
Révision des infrastructures militaires
Au-delà des avions, d’autres engagements militaires sont en cours de révision. Un projet de 9 milliards de livres sterling visant à rénover 50 000 logements de militaires pourrait être réduit de plusieurs centaines de millions de livres, ce qui risquerait de retarder jusqu’en 2029 les réparations pour les familles vivant dans des conditions insalubres. L’ancien responsable de l’OTAN, Sir Richard Shireff, a averti que cette indécision et ce sous-financement pourraient compromettre la sécurité nationale et l’industrie nationale.
Malgré ces défis, le vice-Premier ministre David Lammy a affirmé que l’engagement de consacrer 3 pour cent du revenu national à la défense restait absolu. Les représentants du gouvernement insistent sur le fait que le DIP sera finalisé et publié avant le sommet de l’OTAN à Ankara le 7 juillet, affirmant que le plan final conciliera modernisation militaire et croissance économique.
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