Le rôle de la Belgique dans la protection du flanc oriental de l’OTAN

Le traité de l’OTAN stipule que tous les États membres contribuent, selon leurs capacités, à la défense du territoire de leurs alliés. Dans ce contexte, des centaines de soldats belges sont à l’étranger, pour défendre, entre autres, les pays d’Europe de l’Est, en fonction des besoins. Mais quel rôle jouent-ils exactement ?

À l’est de l’Europe, la menace de la Russie n’a jamais disparu. L’OTAN a été créée pendant la guerre froide pour faire contrepoids au Pacte de Varsovie, contrôlé par les Soviétiques. Après que la Russie (après l’effondrement de l’Union soviétique et la fin de la guerre froide et du pacte de Varsovie) a attaqué plusieurs pays voisins dans les années 90, 00 et 10, l’OTAN est intervenue.

es missions en Europe de l’Est auxquelles participent les soldats belges (Source : Défense)

Sur terre

L’organisation du traité a mis en place quatre groupements tactiques en Pologne et dans les trois États baltes – les quatre États membres de l’OTAN qui ont une frontière avec la Russie – sous l’intitulé « Présence avancée renforcée« . L’objectif de ces quatre groupements tactiques, qui ont la taille de bataillons (400 à 2.000 soldats), est principalement de décourager la Russie d’envahir ces pays. En cas de guerre, ces troupes de l’OTAN peuvent déjà constituer la première ligne de défense.

Dans le cadre de l' »eFP » (enhanced Forward Presence), la Belgique fournit une compagnie, entre 150 et 200 soldats, à la mission en Lituanie. Là-bas, sur la base de Rukla, ils travaillent en étroite collaboration avec des soldats des Pays-Bas, de la République tchèque, du Luxembourg, de la Norvège et de l’Allemagne, qui commande le groupement tactique.

L’invasion de l’Ukraine a toutefois provoqué des troubles au sein de l’OTAN. La Force de réaction de l’OTAN (NRF), qui se tient prête 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, a été activée pour la première fois le 25 février. Un détachement belge, composé de 300 soldats du Bataillon 1/3 Lanciers, a été proposé pour former le fer de lance de l’OTAN en Roumanie avec 500 soldats d’élite français du 27e Bataillon Chasseurs Alpins.

Le 24 mars 2022, lors d’un sommet spécial de l’OTAN, les chefs d’État et de gouvernement des pays membres ont décidé de créer de nouveaux groupes de combat dans quatre pays supplémentaires – Hongrie, Slovaquie, Bulgarie et Roumanie. La mission belgo-française, l’opération Black Eagle, s’est ainsi transformée en un véritable groupe de combat.

En mer

La contribution de la Belgique ne se limite toutefois pas à la terre. En mer, notre pays contribue également aux groupements tactiques de l’OTAN. Ces quatre groupes – deux groupes de combat général et deux groupes axés sur le déminage – travaillent, tout comme les eFP sur terre, sur la base d’une rotation, ce qui signifie que leur composition change régulièrement.

À l’heure actuelle, un seul navire de la marine belge participe aux missions navales de l’OTAN. Le BNS Lobelia, un chasseur de mines comptant environ 45 membres d’équipage, a fait partie du SNMCMG1 (Standing NATO Mine Counter Measures Group 1) entre le 1er janvier et le 2 mai. Le BNS Primula, tout comme le Lobelia, un chasseur de mines de la classe Tripartite, a pris en charge les tâches ce jour-là. Par le passé, d’autres navires belges, dont la frégate Léopold 1, ont également joué un rôle dans les flottes de l’OTAN.

Dans l’air

La Belgique est également présente au-dessus de la terre et de la mer. Les trois États baltes, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, ne disposant pas de leurs propres avions de chasse, l’OTAN a décidé de prendre en charge ensemble la police aérienne de ces pays. Quelques F-16 belges participent également à cette mission et sont en attente sur la base aérienne d’Ämari en Estonie pour intercepter les menaces.

La mission de l’armée de l’air est cependant plus large que la simple police de l’air en Estonie. Par exemple, une quarantaine de soldats sont déployés à Eindhoven, aux Pays-Bas, où ils contribuent à la flotte de ravitailleurs et de transport de l’OTAN.

Des soldats belges sont également stationnés en Allemagne. Sur la base aérienne de Geilenkirchen, ils soutiennent les avions AWACS qui sont utilisés comme systèmes de reconnaissance et de communication volants. Il y a également quelques soldats belges sur la base aérienne de Ramstein, où ils contribuent au commandement général des missions de police aérienne.

Un avion AWACS de l’OTAN (Photo : Défense)
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