Principaux renseignements
- Les prix à la consommation dans la zone euro ont augmenté en moyenne de 1,7 pour cent le mois dernier par rapport à l’année précédente.
- Le taux d’inflation est ainsi tombé à son plus bas niveau depuis septembre 2024.
- Malgré la baisse remarquable de l’inflation, il y a peu de chances que la BCE abaisse demain son taux directeur. La dernière baisse des taux remonte à juin 2025.
Dans l’actualité : selon le dernier rapport sur l’inflation publié par Eurostat, l’inflation dans la zone euro (sur une base annuelle) est passée de 2 pour cent à 1,7 pour cent entre décembre et janvier. Il s’agit du niveau le plus bas depuis plus d’un an. La dernière fois que l’inflation a atteint ce niveau, c’était en septembre 2024.
- L’inflation sous-jacente, qui ne tient pas compte des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, a également baissé. Elle est passée de 2,3 pour cent à 2,2 pour cent au cours du mois dernier.
Inflation supérieure à 3 pour cent en Slovaquie et en Croatie
Zoom : dans de nombreux États membres de la zone euro, l’inflation oscille autour de l’objectif de 2 pour cent fixé par la BCE (à moyen terme). Toutefois, les hausses de prix restent assez importantes dans certains pays.
- Nulle part dans la zone euro, le taux d’inflation n’est plus élevé qu’en Slovaquie. Il s’élevait à 4,2 pour cent en janvier, soit dix points de base de plus qu’en décembre. En Croatie, les prix à la consommation ont augmenté de 3,6 pour cent le mois dernier par rapport à l’année précédente.
- Dans d’autres pays, l’inflation est inférieure à l’objectif de la BCE, la France (0,4 pour cent) étant le cas le plus flagrant. C’est également le cas de l’Italie (1 pour cent), de la Finlande (1 pour cent), du Luxembourg (1,6 pour cent), de Chypre (1,7 pour cent) et du Portugal (1,9 pour cent).
- En Belgique également, l’inflation est inférieure à 2 pour cent. Selon Eurostat, elle s’élevait à 1,4 pour cent en janvier. Le taux d’inflation d’Eurostat est donc supérieur à celui de Statbel (1,1 pour cent).
- Pour rappel, la méthode de calcul d’Eurostat diffère de celle des instituts nationaux de statistique. L’office statistique européen utilise l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH). La composition du panier de biens et services diffère notamment de celle de l’indice des prix à la consommation (IPC) national.
- L’IPCH est conçu pour être cohérent entre les États membres, tandis que les indices nationaux tels que l’IPC permettent de mieux refléter les réalités économiques locales.
Comment la BCE va-t-elle réagir ?
Perspectives : Lagarde tiendra demain une conférence de presse pour expliquer la politique des taux d’intérêt. Annoncera-t-elle une baisse maintenant que le taux d’inflation est inférieur à l’objectif ? Les attentes ne sont en tout cas pas très élevées. Le taux directeur est actuellement de 2 pour cent. La dernière baisse des taux remonte à juin 2025.
- « Il y a peu de raisons de se réjouir du dernier rapport sur l’inflation », remarque Bert Colijn, économiste chez ING. « Les prix de l’énergie ont largement contribué à cette situation. Les prix à la pompe ont augmenté ces dernières semaines, malgré la faiblesse du dollar américain.
- Il souligne toutefois que l’inflation dans le secteur des services continue de baisser (de 3,4 pour cent à 3,2 pour cent en janvier). Selon M. Colijn, le ralentissement de l’inflation sous-jacente est également un signe positif. Il faudra toutefois davantage pour convaincre la BCE de réduire à nouveau ses taux d’intérêt. « Bien que l’inflation soit tombée en dessous de 2 pour cent, les prévisions d’inflation à moyen terme ne diminuent pas pour l’instant », explique l’économiste d’ING
- L’inflation devrait continuer à osciller autour de 2 pour cent.
Pour Mark Wall, économiste en chef de la Deutsche Bank, le scénario de base reste que la BCE maintiendra ses taux d’intérêt inchangés jusqu’à la fin de 2026 et ne procédera à une première hausse prudente qu’à la mi-2027.
Que dit la BCE elle-même ?
De même, le président de la BCE a répété ces derniers mois qu’il n’y avait guère de pression pour abaisser davantage les taux d’intérêt.
- « Nous avons une inflation proche de l’objectif et une croissance européenne qui, sans être spectaculaire, reste positive », a déclaré Mme Lagarde. Elle devrait réitérer ce message demain.
- D’autres membres du conseil d’administration avertissent toutefois qu’une hausse trop forte de l’euro pourrait contraindre la BCE à baisser ses taux d’intérêt. Ainsi, fin janvier, le membre autrichien du conseil d’administration de la BCE, Martin Kocher, a déclaré dans un entretien avec le Financial Times qu’il n’avait aucun problème avec le cours actuel de l’euro, mais qu’à terme, des mesures pourraient s’avérer nécessaires. En effet, des produits moins chers en provenance des États-Unis pourraient avoir un impact à la baisse sur l’inflation dans la zone euro.

