Principaux renseignements
- Le gouvernement britannique vise à stimuler la production nationale d’acier en réduisant considérablement les quotas d’importation et en augmentant les droits de douane.
- Les importateurs de métaux préviennent que ces mesures protectionnistes pourraient entraîner des pénuries de matériaux et une augmentation des coûts pour les fabricants britanniques.
Les nouvelles mesures protectionnistes prises par le gouvernement britannique en faveur de l’industrie sidérurgique ont suscité des inquiétudes chez les importateurs de métaux. Ceux-ci préviennent que cette politique pourrait avoir un impact négatif sur le secteur manufacturier britannique et entraîner des pertes d’emplois. La Confederation of British Metalforming (CBM), qui représente 200 entreprises employant au total environ 40 000 personnes, a fait part de ses inquiétudes quant aux conséquences possibles.
Conséquences potentielles
Le projet du gouvernement prévoit une forte réduction de 60 % des quotas d’importation, les droits de douane passant à 50 % pour les importations dépassant ces limites. L’objectif est de renforcer la production nationale d’acier et de couvrir la moitié de la demande britannique en acier, notamment dans des secteurs stratégiques tels que la défense, les infrastructures et les énergies propres.
La CBM estime que ces mesures sont « imprudentes » et pourraient entraîner des pénuries critiques de matériaux dans divers secteurs, notamment l’industrie automobile, la construction, les infrastructures et la construction mécanique. Elle souligne les inquiétudes liées à la hausse des coûts pour les fabricants britanniques. Ces coûts risquent d’être répercutés sur le consommateur, ce qui, en fin de compte, nuit tant aux entreprises qu’aux consommateurs.
Impact sur les entreprises d’importation et de transformation
De plus, la CBM met en garde contre le fait que les nouveaux quotas pourraient inciter certaines entreprises à importer directement des produits finis plutôt que d’acheter de l’acier transformé ou fabriqué au Royaume-Uni. Cette évolution pourrait nuire aux entreprises britanniques actives dans l’importation et la transformation de l’acier, ce qui entraînerait des pertes d’emplois.
Gouvernement
Le gouvernement britannique défend sa politique, estimant qu’elle vise à protéger la production nationale d’acier contre des prix mondiaux artificiellement bas. Le gouvernement souligne l’implication constante tant des producteurs que des utilisateurs en aval lors de l’élaboration et de la mise en œuvre de cette mesure. Une évaluation est prévue au bout de 12 mois afin de garantir un équilibre entre la protection des producteurs et le soutien aux industries en aval.
Ces mesures protectionnistes font suite à la désignation par le gouvernement britannique de l’industrie sidérurgique comme un « bien stratégique national » essentiel à la sécurité nationale. On encourage désormais les organismes publics à donner la priorité à l’acier produit au Royaume-Uni dans le cadre des marchés publics.
Collaboration internationale
Le Royaume-Uni collabore également avec l’Union européenne et les États-Unis afin de mettre en place une alliance occidentale dans le secteur de l’acier, destinée à lutter contre la surcapacité chinoise dans ce domaine. Cette initiative fait suite à des mesures protectionnistes similaires prises tant par les États-Unis que par l’UE, qui ont imposé des droits de douane sur les importations d’acier et réduit les quotas. (ev) (fc)
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