Le prix du baril de pétrole baisse, pas celui de l’essence ou du diesel: pourquoi?

Les prix de l’essence et le diesel continuent de grimper. Et ce alors que le prix du baril de pétrole est en baisse ces derniers jours. Explications.

Le prix du baril de pétrole a longtemps dépassé la barre des 100 dollars pendant quelques années. Mais début 2016, il est passé sous les 30 dollars, avant de grimper doucement pour arriver à 80 dollars (environ 69 euros) en avril 2018, son maximum depuis plusieurs mois. Ces derniers jours, le prix est redescendu.

Sauf que cette baisse ne se répercute pas à la pompe: le prix de l’essence (95) et surtout du diesel s’envolent pour atteindre plus de 1,5 euro par litre (maximum). Ce qui représente tout de même une augmentation de plus de 10% et 16% en un an. 

© carbu.com

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Prix indépendant de celui du baril

Comment expliquer cela? Tout d’abord, il faut savoir que le prix de l’essence ou du diesel ne dépend pas que du prix du baril brut. Il n’intervient même qu’à hauteur de 0,5 cent par litre. Le prix à la pompe est en fait réévalué chaque jour par le SPF Économie en Belgique. Le SPF Économie tient compte des cotations internationales et du cours du dollar par rapport à l’euro. Il dépend aussi de l’état des stocks, de la variation de la demande, de la spéculation et même de la météo. Enfin, le plus important, il y a les accises et la TVA propres à chaque pays.

Et ce sont ces dernières qui influent le plus sur le prix à la pompe. Pour chaque cent que l’État gagnera grâce aux accises, il le perdra sur la TVA car calculée au prix du litre à la pompe. 

Au revoir le diesel

Pour le diesel, l’augmentation de ces derniers mois à la pompe peut largement être expliquée par la croissance des accises depuis le tax shift de 2015. Dans les faits, les prix ont maintenant convergé et ils se sont même déjà croisés fin février dans certaines stations-service. L’essence continue d’augmenter mais plus faiblement que le diesel. Ce n’est pas tout à fait ce qui était annoncé. Pour le diesel, cette augmentation ne serait qu’un début.

La Wallonie a déjà fait savoir son intention de lui faire la guerre en interdisant progressivement les véhicules les plus anciens à partir de 2023. Le diesel pourrait être taxé six fois plus que l’essence à Bruxelles aussi, selon ce que le gouvernement décidera, puisqu’il doit discuter de cette taxe ce jeudi