Principaux renseignements
- Le président polonais Karol Nawrocki a l’intention de s’opposer à la législation concernant l’allocation de 43,7 milliards d’euros de la Pologne au titre du fonds SAFE de l’UE.
- Le veto de Nawrocki découle de préoccupations concernant la dette à long terme, les risques liés au taux de change et les conditions politiques potentielles imposées par Bruxelles.
- Nawrocki propose une solution alternative consistant à utiliser les réserves d’or de la Pologne pour financer l’achat d’armes, ce qui suscite les critiques du gouvernement Tusk.
Le président polonais Karol Nawrocki a annoncé son intention d’opposer son veto à la législation définissant le plan de dépenses de la Pologne pour l’allocation SAFE de 43,7 milliards d’euros accordée par l’Union européenne. Cette décision ouvre la voie à une confrontation politique entre Nawrocki et le Premier ministre Donald Tusk, mettant en évidence des points de vue divergents sur l’orientation politique de la Pologne.
Prêts de l’UE pour la défense
Nawrocki, aligné sur le parti nationaliste-populiste Droit et Justice (PiS), exprime son scepticisme à l’égard de Bruxelles, contrairement à la position pro-européenne de Tusk. La Pologne est le seul pays où le programme SAFE fait l’objet d’une controverse politique.
Ce programme de l’UE propose des prêts à long terme à faible taux d’intérêt avec un délai de grâce de 10 ans pour le remboursement du capital, ce qui permet de réaliser des économies importantes par rapport aux emprunts nationaux. Cela est particulièrement crucial pour la Pologne, qui prévoit d’allouer 4,8 pour cent de son PIB à la défense cette année.
Critiques visant Nawrocki
Le veto de Nawrocki, tout en préservant l’allocation SAFE de la Pologne, est susceptible d’entraîner des règles de dépenses plus strictes que celles initialement proposées. Le gouvernement avait l’intention d’utiliser ces fonds pour renforcer le financement des gardes-frontières et de la police, ainsi que pour moderniser les infrastructures.
À la suite de l’annonce de Nawrocki, des personnalités clés du gouvernement Tusk ont critiqué cette décision, la qualifiant de « trahison nationale » et soulignant le soutien de l’armée au SAFE.
Les préoccupations de Nawrocki concernant le SAFE
Nawrocki fait valoir que le SAFE imposerait à la Pologne une dette à long terme et exposerait le pays à des risques de change. Il soutient que ce programme pourrait permettre à Bruxelles d’imposer des conditions politiques au financement de la défense de la Pologne et de favoriser injustement les fabricants d’armes étrangers.
Nawrocki propose une solution nationale alternative, consistant à utiliser les importantes réserves d’or de la Banque nationale de Pologne pour financer les achats d’armes sans emprunts ni intérêts.
Élections à venir
Cette proposition a été critiquée par Tusk et ses ministres, qui la jugent spéculative et incompatible avec la mission de la banque centrale, qui est d’assurer la stabilité financière.
Le conflit autour de SAFE coïncide avec les prochaines élections législatives en Pologne, où le PiS cherche à battre la coalition pro-UE de Tusk. Les sondages laissent présager une course serrée, le PiS pouvant potentiellement obtenir la majorité grâce à des alliances avec des partis de droite. (fc)
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