Le président de l’Eurogroupe plaide en faveur d’une « union de l’épargne et de l’investissement »


Principaux renseignements

  • Kyriakos Pierrakakis, président de l’Eurogroupe, entend mettre en œuvre des réformes visant à mobiliser l’énorme épargne européenne.
  • La Commission européenne propose d’unifier les marchés de capitaux fragmentés afin de rapatrier l’épargne des États-Unis.
  • Pierrakakis soutient la mise en place d’un organisme de surveillance unique pour les infrastructures de marché critiques et encourage la consolidation au sein du secteur bancaire européen.

Les gouvernements européens font preuve d’un engagement sincère à mobiliser les vastes épargnes du continent, selon Kyriakos Pierrakakis, le nouveau président de l’Eurogroupe. Pierrakakis représentera les 20 pays de la zone euro lors du prochain sommet européen qui se tiendra à Bruxelles le 19 mars. Sa mission est claire : « Nous devons mettre en œuvre ces réformes. »

L’heure est à l’action

Bien qu’il y ait un consensus sur l’orientation stratégique, il est temps de mettre le plan à exécution, a souligné Pierrakakis lors d’une récente visite à Paris à l’occasion de la conférence annuelle d’Euronext. Son objectif principal est d’apporter des résultats concrets à l’« union de l’épargne et de l’investissement », une initiative cruciale visant à résoudre le paradoxe européen : une épargne abondante largement investie aux États-Unis en raison de rendements plus élevés.

La Commission européenne propose une série de réformes visant à unifier et à simplifier les marchés des capitaux européens fragmentés, afin, à terme, de ramener ces épargnes chez elles. Pierrakakis, homme politique chevronné ayant une expérience dans le domaine du numérique, reconnaît la frustration de longue date au sein des milieux financiers européens face à la lenteur des progrès sur ce front.

Action conjointe des ministres des Finances

Il estime toutefois qu’un véritable changement de dynamique s’opère cette fois-ci, en citant une lettre commune de six ministres des Finances représentant les principales économies de l’UE (France, Allemagne, Pays-Bas, Italie, Espagne et Pologne) qui se sont engagés à agir rapidement sur des questions clés. Plus précisément, ils plaident en faveur d’une supervision centralisée des infrastructures de marché critiques, remplaçant le système actuel composé de 27 régulateurs différents appliquant des règles variées.

Cette approche unifiée trouve un écho profond auprès de Stéphane Boujnah, PDG d’Euronext, qui a passé d’innombrables heures à gérer les complexités liées aux multiples régulateurs nationaux. Pierrakakis soutient sans réserve cette proposition, remettant en question l’inefficacité de la duplication des réglementations dans 27 pays.

Favoriser l’émergence de champions paneuropéens

La volonté de créer un organisme de surveillance unique s’inscrit dans une stratégie plus large visant à démanteler les barrières nationales et à favoriser l’émergence de champions paneuropéens. Pierrakakis plaide en faveur d’une collaboration plus étroite entre les bourses et encourage l’émergence de grandes banques compétitives. Il considère la récente tentative d’acquisition de la Commerzbank par UniCredit comme un exemple de consolidation nécessaire au sein du secteur bancaire européen.

Pierrakakis plaide également en faveur de l’adoption rapide d’un euro numérique par le Parlement européen et soutient le développement des stablecoins en Europe. Il envisage une approche équilibrée qui s’appuie à la fois sur les infrastructures publiques et encourage l’innovation privée.

Pierrakakis estime que ces réformes sont cruciales pour libérer un potentiel de croissance significatif pour l’UE. Il reconnaît les défis politiques inhérents à des projets aussi ambitieux, mais reste optimiste quant à la possibilité que cette dynamique se traduise par des résultats tangibles.

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Plus