Principaux renseignements
- La Banque centrale européenne (BCE) doit se tenir prête à relever rapidement ses taux d’intérêt en cas de hausse persistante des prix. C’est ce qu’affirme Dimitar Radev, gouverneur de la Banque centrale bulgare.
- Selon lui, les risques d’inflation se sont accrus en raison de la hausse des coûts de l’énergie et d’une plus grande incertitude économique.
- « Une intervention rapide de la BCE est essentielle pour éviter une spirale inflationniste auto-alimentée, alimentée par l’évolution des anticipations des consommateurs et des entreprises », fait-il remarquer.
Un responsable de la Banque centrale européenne (BCE) a fait part de ses inquiétudes quant à la possibilité que les anticipations d’inflation dans la zone euro augmentent plus rapidement que lors des périodes précédentes. Dimitar Radev, gouverneur de la banque centrale bulgare et membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a souligné la nécessité pour la BCE d’être prête à relever rapidement ses taux d’intérêt si des pressions persistantes sur les prix devaient apparaître.
Risques inflationnistes croissants
La récente flambée des coûts énergétiques, alimentée par les tensions géopolitiques, a déjà poussé l’inflation bien au-delà de l’objectif de 2 pour cent de la BCE. Les responsables politiques débattent actuellement de l’opportunité de resserrer la politique monétaire afin d’empêcher que cette flambée inflationniste ne s’ancre dans les prix d’autres biens et services, ce qui pourrait déclencher une spirale des prix auto-alimentée.
Radev a souligné le risque accru lié à l’environnement économique actuel. Il a fait remarquer que, bien que le scénario de base reste le point de référence de la BCE, la probabilité d’une issue plus défavorable a augmenté, notamment en raison du choc énergétique et de l’incertitude accrue.
Risque de spirale inflationniste
L’une des principales préoccupations de Radev est la possibilité que les consommateurs et les entreprises ajustent rapidement leurs anticipations en réaction à leurs expériences passées d’inflation galopante. Cela pourrait entraîner des revendications de hausses de prix et de salaires, déclenchant en fin de compte une spirale inflationniste.
Les remarques de Radev vont dans le sens des avertissements lancés par d’autres décideurs politiques qui ont souligné l’importance pour la BCE d’être prête à agir de manière décisive si nécessaire. Bien que les anticipations d’inflation actuelles restent alignées sur l’objectif de la BCE et qu’il n’y ait pas de signe clair d’effets d’inflation de second tour dans les données, Radev a mis en garde contre tout relâchement compte tenu de la fragilité de l’environnement.
Urgence d’une action rapide
Il a souligné que retarder l’action pourrait s’avérer plus coûteux si le choc inflationniste persistait et commençait à influencer les salaires, les marges bénéficiaires et les anticipations. Dans un tel scénario, une intervention rapide serait la ligne de conduite la plus prudente.
Les marchés financiers ont déjà intégré plus de deux hausses de taux d’intérêt de la part de la BCE cette année, la première étant attendue en juin. Bien que Radev ait reconnu qu’il était encore trop tôt pour déterminer si la BCE disposerait de données suffisantes d’ici sa réunion du 30 avril pour prendre une décision définitive sur les taux d’intérêt, il s’attend à ce qu’il y ait suffisamment d’informations disponibles pour mener une discussion plus concrète et structurée sur la politique monétaire.
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