Principaux renseignements
- Le Premier ministre néerlandais Rob Jetten dirige un gouvernement minoritaire qui lutte pour obtenir le soutien du Parlement dans un paysage politique fragmenté.
- La politique proposée par Jetten, comprenant une augmentation des dépenses de défense et des coupes dans la sécurité sociale, toucherait surtout les personnes à faibles revenus.
- L’instabilité de la politique néerlandaise souligne une tendance plus large en Europe : des gouvernements affaiblis, des coalitions complexes et une désillusion chez les électeurs.
Les Pays-Bas, généralement connus pour leur paysage politique stable et leur approche pragmatique, sont aujourd’hui confrontés à une incertitude sans précédent. Rob Jetten, le nouveau Premier ministre âgé de 38 ans, dirige un gouvernement minoritaire qui doit relever des défis importants pour obtenir le soutien du Parlement. C’est l’analyse d’EUToday.
Un paysage politique fragmenté
La coalition de Jetten, composée de son parti progressiste D66, des chrétiens-démocrates conservateurs CDA et du VVD de centre-droit, ne dispose pas de la majorité à la Chambre basse ni au Sénat. Cela oblige Jetten à s’appuyer sur des partis d’opposition qui pourraient être enclins à le voir échouer.
La fragmentation du paysage politique néerlandais reflète une tendance plus large en Europe. Les partis centristes perdent du terrain, les électeurs changeant d’allégeance entre les différents partis, ce qui rend les majorités stables de plus en plus difficiles à obtenir.
Propositions politiques controversées
Le gouvernement de Jetten propose une augmentation substantielle des dépenses de défense, afin d’atteindre l’objectif de l’OTAN de 3,5 pour cent du PIB d’ici 2035, financée par une surtaxe sur le revenu baptisée « taxe de liberté ». Cette politique s’accompagne de réductions des allocations chômage, d’une augmentation des cotisations personnelles à l’assurance maladie et d’un relèvement plus rapide de l’âge de la retraite.
Ces mesures ont suscité les critiques des partis d’opposition, qui affirment qu’elles touchent de manière disproportionnée les personnes à faibles revenus. Geert Wilders, figure nationaliste de premier plan, s’est engagé à s’opposer à toutes les initiatives du gouvernement.
L’immigration : une question controversée
La position de Jetten sur l’immigration, autre question controversée, reflète le défi auquel sont confrontés les dirigeants centristes à travers l’Europe. Il s’est engagé à mener une politique d’asile plus stricte en réponse aux préoccupations du public, reflétant une tendance des partis traditionnels à adopter des positions plus fermes sur l’immigration sous la pression des électeurs.
Cette situation met en évidence le paradoxe de la politique européenne moderne : les centristes sont contraints d’adopter des politiques qui apaisent les sentiments populistes, au risque de s’aliéner leur propre base progressiste.
Des implications au-delà des frontières néerlandaises
L’instabilité politique aux Pays-Bas a des implications au-delà de ses frontières. En tant que cinquième économie de la zone euro, les difficultés rencontrées par les Pays-Bas pour former un gouvernement majoritaire stable soulèvent des inquiétudes quant à la capacité des États plus grands et plus polarisés à relever des défis similaires.
Partout en Europe, les gouvernements s’affaiblissent, les coalitions s’élargissent et les politiques deviennent moins claires. Les électeurs sont de plus en plus désabusés, sentant que les élections apportent des changements de direction mais pas d’améliorations fondamentales. Les dirigeants promettent des changements transformateurs, mais proposent souvent des ajustements technocratiques et des augmentations d’impôts présentés comme des mesures nécessaires.
Instaurer la confiance dans une coalition fragile
Jetten est confronté à la tâche difficile d’instaurer la confiance dans une coalition pour laquelle personne n’a voté explicitement. Il doit persuader le public d’accepter les sacrifices nécessaires à la sécurité collective tout en s’appuyant sur des opposants dont les motivations politiques favorisent l’obstruction.
Le cas des Pays-Bas met en évidence une vérité plus générale concernant l’Europe en 2026 : les élections et la formation des gouvernements se poursuivent, mais l’autorité elle-même est devenue fragile. Lorsque l’autorité s’affaiblit, la patience des électeurs diminue souvent. (fc)
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