Principaux renseignements
- Le Premier ministre estonien Kristen Michal affirme que Vladimir Poutine ne peut mettre fin à la guerre en Ukraine sans perdre son pouvoir.
- Selon Michal, une paix prématurée sans garanties de sécurité solides déstabiliserait non seulement la Russie, mais mettrait également en péril la sécurité de l’Europe.
- Michal appelle l’Union européenne à débloquer l’aide de 90 milliards d’euros et à investir davantage dans la défense et la coopération.
Le Premier ministre estonien Kristen Michal a déclaré lors de l’émission matinale Europe Today que le président russe Vladimir Poutine ne pouvait pas mettre fin à la guerre en Ukraine sans perdre son pouvoir. Il a averti que la paix sans garanties de sécurité solides pourrait mettre l’Europe en danger. Il a également appelé l’Union européenne à débloquer d’urgence les 90 milliards d’euros d’aide destinés à l’Ukraine et à investir dans la défense.
« S’il s’arrête, il tombe. »
Selon le Premier ministre estonien, la guerre est pour Poutine à la fois un choix géopolitique et une question de survie politique. Il a fait la comparaison avec le vélo : quand on arrête de pédaler, on tombe.
« À l’heure actuelle, Poutine dispose de plus de soldats sous les armes qu’au début de la guerre », a déclaré Michal lors de son interview avec Europe Today. Si la guerre prenait fin brusquement, la question se poserait de savoir ce qu’il adviendrait de ces troupes. Il a ajouté qu’un retrait pourrait être interprété comme un signe de faiblesse.
Il a toutefois souligné qu’il ne prétendait pas comprendre Poutine personnellement. Selon lui, la logique d’une dictature explique pourquoi la Russie poursuit son agression, même pendant d’éventuelles négociations. Un accord de paix soudain compromettrait non seulement les garanties de sécurité, mais aussi la stabilité de l’Europe.
Aide financière
Un plan d’aide européen de 90 milliards d’euros est actuellement toujours bloqué sur le plan politique. Michal a néanmoins exprimé sa confiance dans l’actuelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et dans Antonio Costa, le président du Conseil européen. Il est convaincu qu’ils trouveront des moyens de débloquer ces fonds. Michal n’a pas souhaité s’étendre sur les plans concrets concernant ce financement. Il n’exclut pas non plus les avoirs russes gelés comme source de financement possible. Il estime que le fait qu’ils soient toujours gelés est une bonne chose.
Le Premier ministre a également vivement critiqué l’attitude du Premier ministre hongrois Viktor Orbán. Selon lui, la position du Hongrois sur la Russie reste très floue pour de nombreux dirigeants européens. La Hongrie et la Slovaquie s’opposent ouvertement au plan d’aide de 90 milliards d’euros en faveur de l’Ukraine. Malgré cette opposition, Michal a réaffirmé que l’Europe devait respecter son engagement.
Europe plus forte
« Si l’Europe n’est pas capable de prendre ce genre de décisions importantes qui ont une incidence sur notre sécurité, cela risque de susciter de nombreuses discussions sur la manière dont l’Europe prend ses décisions », a-t-il déclaré. Le Premier ministre estonien a donc plaidé en faveur d’une augmentation des dépenses de défense. Le pays aspire également à une coopération plus étroite. Cela concerne aussi bien les pays de l’UE que les pays non membres de l’UE tels que la Norvège, le Canada, l’Islande et le Royaume-Uni. Avec 5,4 % de son PIB consacré aux dépenses de défense, l’Estonie est l’un des pays de l’OTAN qui affiche le pourcentage le plus élevé.
Malgré les tensions dans les relations transatlantiques, Michal a fait preuve de compréhension à l’égard de l’appel lancé par le président américain Donald Trump. Ce dernier a déclaré que l’Europe devait assumer davantage de responsabilités en matière de sécurité.
À la fin de l’interview, Michal a rejeté l’image d’une Europe faible. Selon lui, malgré les défis, l’UE reste l’une des régions les plus libres au monde. Le Premier ministre estonien a déclaré que si le continent respectait ses obligations en matière de défense, il se porterait mieux dans quelques années.
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