Principaux renseignements
- Le plan industriel de Ursula von der Leyen est retardé par l’opposition au sein de la Commission européenne.
- La loi favorisant les produits européens suscite un débat sur les « partenaires de confiance » et les échanges hors UE.
- Ce désaccord révèle un clivage entre États membres, entre priorité à la production nationale et défense du libre-échange.
Le plan ambitieux d’Ursula von der Leyen visant à revitaliser l’industrie européenne se heurte à une résistance interne au sein de la Commission européenne. La loi sur l’accélérateur industriel, élément clé de son pacte industriel propre, a suscité les critiques de neuf départements politiques après un récent examen. C’est ce qu’ont rapporté plusieurs sources au site d’information européen Politico.
Cette opposition menace de reporter pour la troisième fois la présentation de la proposition, ce qui met la Commission sous pression pour présenter une stratégie cohérente visant à renforcer la compétitivité économique de l’UE avant le prochain sommet des dirigeants européens.
Aspects controversés
La réaction négative à l’égard de cette loi constitue également un revers pour le commissaire à l’industrie Stéphane Séjourné, qui est directement responsable de la législation. Le projet de loi vise à donner la priorité aux produits fabriqués en Europe dans les marchés publics et les projets dans les secteurs à forte intensité énergétique, les technologies à zéro émission nette et l’industrie automobile.
L’un des aspects controversés de la réglementation concerne l’identification des « partenaires de confiance » pour les marchés publics. La Grande-Bretagne et le Japon font pression pour obtenir une définition large englobant les pays ayant conclu des accords de libre-échange avec l’UE. Un autre point de discorde est l’intention de la loi de contrer la pratique chinoise des coentreprises forcées.
Définir les « partenaires de confiance »
Le débat sur la définition des « partenaires de confiance » est actuellement au centre des discussions au sein de la Commission. Un projet de loi sur l’accélérateur industriel suggère que le label « Made in EU » devrait englober les produits originaires de l’Union européenne et de l’Espace économique européen (Norvège, Islande et Liechtenstein). Cependant, la Commission souhaite également reconnaître les « partenaires de confiance » dont la fabrication serait considérée comme équivalente au contenu d’origine de l’UE.
Les différents services de la Commission ont des points de vue divergents sur la définition des « partenaires de confiance », ce qui reflète les débats plus larges qui ont lieu dans les capitales de l’UE. La DG TRADE est favorable à l’inclusion de tous les pays avec lesquels l’UE a conclu un accord de libre-échange, tandis que la DG GROW, le service de Séjourné, préconise un critère plus strict qui limiterait le label « Made in Europe » aux pays de l’EEE.
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