Le pire ennemi d’une personne alcoolique: la honte

[PICTURE|sitelpic]Même si le corps médical considère l’alcoolisme comme une maladie, les personnes alcooliques sont toujours très fortement stigmatisées, et on leur reproche leurs échecs et leur manque de volonté pour s’en sortir. Pour ces personnes, le sentiment d’échec est souvent associé à la honte. Or, la science vient de conclure que ce sentiment de honte alimente précisément cette addiction, rapporte Austin Considine dans Mother Board.

Les personnes qui ont une mauvaise estime d’elles mêmes sont plus enclines à adopter des comportements autodestructeurs. Mais jusqu’à présent, il était difficile de quantifier scientifiquement ce phénomène. L’une des raisons majeures de ces difficultés, c’est que les personnes qui ont honte d’elles-mêmes ont également honte de ressentir cette honte.

Au cours de leur étude, les chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique ont décidé de se fier au langage corporel, parce qu’il est plus difficile pour les gens de contrôler leurs gestes. Des épaules affaissées et la poitrine creuse sont les attitudes associées à la honte dans le langage corporel.

Ayant formé un groupe de personnes alcooliques, les chercheurs leur ont posé des questions concernant leur alcoolisme, et la dernière fois qu’ils avaient bu et qu’ils en avaient ressenti de la honte. Tout en leur posant les questions, ils ont observé leur langage corporel.

Quatre mois plus tard, ils leur ont administré un questionnaire de suivi et constaté que les personnes qui avaient manifesté de la honte dans leur langage corporel lors de la première entrevue étaient les plus susceptibles d’avoir rechuté dans leur dépendance. De même, le langage corporel permettait de prédire quelle serait la gravité de cette rechute.

Ces résultats de recherche ont des implications profondes sur la façon dont nous devrions traiter les personnes souffrant d’addictions dans nos sociétés. « Nos résultats de recherches suggèrent que faire ressentir de la honte à des personnes pour leur difficulté à contrôler leurs comportements pourrait être exactement la pire approche », écrivent les chercheurs.

Les chercheurs indiquent en outre que la bonne approche pourrait être d’aider les alcooliques à modifier leur langage corporel. Nous exprimons des attitudes associées à des émotions parce que nous ressentons ces émotions, mais nous pouvons également ressentir ces émotions parce que nous adoptons les postures qui leur sont associées, expliquent les chercheurs. Le contrôle conscient de notre langage corporel influence notre physiologie. En adoptant une posture physique qui indique de la confiance en soi (redresser le menton, rejeter les épaules en arrière), nous nous aidons à restaurer notre confiance en nous-mêmes, ce qui se traduit par une élévation du niveau de la testostérone, et ce phénomène conforte notre confiance.

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