Principaux renseignements
- L’Europe risque d’être confrontée dès le mois d’avril à une crise énergétique si le détroit d’Ormuz reste fermé. C’est ce qu’affirme Wael Sawan, PDG du géant pétrolier Shell.
- Les prix du kérosène ont doublé depuis le début du conflit, et une pénurie de diesel et d’essence se profile.
- Selon le PDG, la persistance des prix élevés du pétrole risque de provoquer une récession mondiale grave et prolongée.
L’Europe risque de connaître une crise énergétique dès le mois d’avril si le détroit d’Ormuz reste fermé aux livraisons de pétrole et de gaz. Cet avertissement émane de Sawan.
Impact sur les prix du kérosène
Lors d’une conférence sectorielle, Sawan a déclaré que la crise actuelle, qui dure depuis quatre semaines déjà, avait déjà eu des répercussions sur les stocks de kérosène, dont le prix a doublé depuis le début du conflit. Il prévoit que des pénuries de diesel suivront bientôt, pouvant dégénérer en pénurie d’essence à l’approche de la saison estivale aux États-Unis et en Europe.
Ses inquiétudes ont été reprises par la ministre allemande de l’Économie, Katherina Reiche, qui s’est également exprimée lors de la même conférence sectorielle. Mme Reiche a prédit d’éventuelles pénuries d’approvisionnement énergétique fin avril ou en mai si le conflit persiste. Elle a reconnu que la décision de l’Allemagne de sortir progressivement du nucléaire était une erreur et a souligné l’importance d’importer du gaz depuis l’étranger via des méthaniers cryogéniques.
Menace pour la stabilité économique mondiale
L’escalade de la situation représente un risque important pour la stabilité économique mondiale. Larry Fink, PDG de BlackRock, le plus grand gestionnaire d’actifs au monde, a averti que des prix du pétrole élevés et prolongés, pouvant atteindre 150 dollars le baril si l’Iran reste une menace, pourraient entraîner une récession mondiale grave et prolongée.
M. Fink a présenté deux scénarios possibles : une résolution du conflit ramenant les prix du pétrole à leurs niveaux d’avant la crise, soit environ 70 dollars le baril, ou la poursuite du conflit poussant les prix à des niveaux records. Ce dernier scénario, a-t-il averti, pourrait entraîner des années de prix du pétrole supérieurs à 100 dollars le baril, frôlant les 150 dollars, avec de profondes implications pour l’économie mondiale et une récession probablement sévère.(fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

