Principaux renseignements
- Amin Nasser s’est retiré de la CERAWeek en raison de l’escalade du conflit avec l’Iran.
- La crise iranienne perturbe considérablement les marchés mondiaux et menace les installations énergétiques.
- Aramco relève ce défi en réacheminant ses livraisons de pétrole et en faisant face à des conséquences potentiellement catastrophiques pour le marché pétrolier.
Amin Nasser, le patron de Saudi Aramco, annule sa participation à la conférence sur l’énergie CERAWeek à Houston. C’est ce que rapporte Reuters. Le dirigeant renonce à son discours à cause des tensions croissantes avec l’Iran. Son absence à cet événement majeur du secteur est frappante, car il y prononce normalement l’un des discours les plus importants.
L’escalade des tensions menace le secteur pétrolier
Organisée par S&P Global, la CERAWeek rassemble des personnalités influentes du secteur de l’énergie, notamment des dirigeants d’entreprise, des responsables gouvernementaux et des décideurs politiques. À la conférence, ils discutent des enjeux critiques auxquels le marché mondial de l’énergie fait face. L’absence de Nasser souligne les défis auxquels il est confronté pour naviguer dans le paysage géopolitique complexe créé par la crise iranienne.
Le conflit, qui entre désormais dans sa quatrième semaine, a fait de nombreuses victimes et provoqué des perturbations généralisées sur les marchés mondiaux. L’Iran a riposté par des attaques visant les infrastructures énergétiques du Golfe, notamment les installations d’Aramco, provoquant la fermeture effective du détroit d’Ormuz, une voie navigable cruciale pour le transport du pétrole.
Menaces et représailles
La situation s’est encore aggravée avec les menaces proférées tant par les États-Unis que par l’Iran de cibler les installations énergétiques de la région. Le président américain Donald Trump a même menacé de bombarder des centrales électriques iraniennes si Téhéran ne rouvrait pas complètement le détroit d’Ormuz, qui achemine environ vingt pour cent des approvisionnements mondiaux en pétrole.
Le cheikh Nawaf Al-Sabah, PDG de la Kuwait Petroleum Corporation, sera également absent du rassemblement de Houston, mais participera à distance à une session mardi.
Perturbation de la production pétrolière saoudienne
Aramco est confrontée à son plus grand défi depuis la pandémie de COVID-19 et les attaques de 2019 contre ses installations d’Abqaiq et de Khurais, qui avaient temporairement perturbé plus de la moitié de la production de pétrole brut de l’Arabie saoudite. Lors d’une récente conférence sur les résultats financiers, Nasser a averti que la perturbation continue du détroit d’Ormuz aurait des « conséquences catastrophiques » pour les marchés mondiaux du pétrole.
Pour contourner le détroit, Aramco détourne chaque jour des millions de barils de brut de sa côte est vers sa côte ouest. Cet itinéraire alternatif implique le chargement de pétroliers au port de Yanbu, sur la mer Rouge, qui a récemment connu des perturbations temporaires en raison de l’interception d’un missile balistique et d’une frappe de drone près d’une raffinerie adjacente.
Des attaques de représailles dans la région du Golfe
Un drone a visé la raffinerie SAMREF, une coentreprise d’Aramco et d’ExxonMobil, le 19 mars. Cette attaque s’inscrit dans les frappes de représailles de l’Iran contre des installations énergétiques dans toute la région du Golfe, y compris au Koweït. Les attaques ont aussi touché le complexe de gaz naturel liquéfié de Ras Laffan au Qatar. Cela entraîne d’importantes pertes de production.Ces attaques ont également touché le complexe de gaz naturel liquéfié de Ras Laffan au Qatar, entraînant d’importantes pertes de production.
Par ailleurs, il est peu probable que le fonds souverain d’Abou Dhabi, Mubadala, envoie des représentants à la CERAWeek. La participation de Sultan Al Jaber, PDG de la compagnie pétrolière émiratie ADNOC, reste incertaine. L’année dernière, Jaber avait profité de cette conférence pour plaider en faveur d’un accroissement des investissements dans le secteur énergétique, faisant écho au slogan du président Trump « Make America Great Again ». (fc)
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