Le PDG de Renault mise sur la réduction des coûts pour lutter contre la baisse des ventes


Principaux renseignements

  • Le PDG de Renault donne la priorité à la réduction des coûts grâce à des mesures d’efficacité inspirées des constructeurs automobiles chinois.
  • Les analystes craignent que le fait de se concentrer uniquement sur la réduction des coûts ne permette pas d’avoir une vision claire de la réussite future de Renault.
  • Renault trouve un équilibre entre l’indépendance technologique et l’utilisation de pièces et de technologies chinoises pour créer des modèles abordables.

Le nouveau PDG de Renault, François Provost, ancien directeur des achats, se concentre sur la réduction des coûts pour remédier à la baisse des ventes et du cours de l’action du constructeur automobile. Il vise à imiter l’efficacité de ses concurrents chinois tels que Geely, avec lequel Renault a conclu un partenariat.

Inquiétudes quant au manque de vision

Alors que Provost met l’accent sur les mesures de réduction des coûts, les analystes s’inquiètent de l’absence de vision claire pour l’avenir. Ils estiment que les gains d’efficacité ne suffiront peut-être pas à inverser la tendance à la baisse de Renault.

Le mandat de Provost a été marqué par le revirement de certaines décisions de son prédécesseur, notamment la réduction des activités de l’entité Ampere spécialisée dans les logiciels et les véhicules électriques et l’arrêt des investissements dans la recharge rapide. Selon des initiés, ces mesures étaient nécessaires pour corriger les objectifs trop ambitieux fixés par l’ancien PDG.

Concurrence chinoise

Les performances de Renault ont considérablement baissé en 2023 après avoir connu une forte croissance en 2022. L’essor des constructeurs automobiles chinois proposant des véhicules abordables remet directement en cause la position traditionnelle de Renault sur le marché.

Provost cite fréquemment les constructeurs chinois comme référence en matière d’agilité et d’efficacité, soulignant leurs coûts de développement moins élevés et leurs délais de mise en œuvre plus courts.

Politique

Tout en envisageant d’utiliser une architecture de véhicule Geely, Provost a finalement décidé de ne pas le faire en raison d’une controverse politique potentielle compte tenu de la participation du gouvernement français dans Renault.

Afin de réduire les coûts, Provost explore différentes options, telles que l’utilisation de pièces chinoises moins chères dans la voiture compacte R5, l’arrêt de certains investissements dans Dacia et la suppression de projets chez le constructeur de voitures de sport Alpine. Il a également menacé de retirer Renault de la Formule 1 si les performances ne s’amélioraient pas.

Équilibre entre indépendance technologique et influence chinoise

Le responsable de la communication de Renault souligne l’objectif d’indépendance technologique de l’entreprise en Europe, tout en reconnaissant la nécessité de s’inspirer des références chinoises en matière de prix et de technologie.

Le succès de Renault dans le développement de la Twingo électrique abordable, grâce à la R&D et aux pièces chinoises, sert de modèle pour les futurs modèles économiques. Cependant, l’impact sur l’emploi en France reste une préoccupation pour les syndicats.

Le président de Renault, Jean-Dominique Senard, a publiquement exprimé sa confiance dans la capacité de Provost à redresser les performances de l’entreprise.

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