Le PDG d’Air Canada démissionne après la controverse linguistique liée au message de condoléances


Principaux renseignements

  • Michael Rousseau a quitté ses fonctions de PDG d’Air Canada à la suite de la polémique suscitée par son message de condoléances rédigé uniquement en anglais après un accident mortel.
  • Cet incident souligne l’attente, dans un Canada bilingue, que les dirigeants des institutions nationales maîtrisent aussi bien l’anglais que le français.
  • Suite à la démission de Rousseau, le Premier ministre Mark Carney affirme qu’Air Canada doit nommer un dirigeant bilingue.

Le PDG d’Air Canada, Michael Rousseau, a annoncé sa démission à la suite de vives critiques concernant son message de condoléances rédigé uniquement en anglais après un accident mortel survenu au début du mois. Plusieurs parties ont critiqué son choix, dont le Premier ministre Mark Carney.

Controverse sur le choix linguistique du message de condoléances

L’incident concernait un vol d’Air Canada Jazz en provenance de Montréal qui est entré en collision avec un camion de pompiers sur la piste de l’aéroport LaGuardia, entraînant la mort des deux pilotes, dont Antoine Forest, un Québécois francophone. La décision de Rousseau de présenter ses condoléances uniquement en anglais, malgré la présence de sous-titres en français, a suscité l’indignation et donné lieu à des centaines de plaintes adressées au Commissariat aux langues officielles.

Le Premier ministre Carney réagit à la démission

Le Canada, en tant que nation officiellement bilingue, attend de ses dirigeants, en particulier de ceux qui dirigent des institutions nationales comme Air Canada, qu’ils maîtrisent les deux langues. Le premier ministre Mark Carney a jugé la démission de Rousseau « appropriée » et a souligné la nécessité d’un successeur bilingue. Le premier ministre du Québec, François Legault, s’est fait l’écho de ce sentiment, déclarant que le prochain PDG devait parler français.

Sensibilité linguistique au Canada

Cet incident a mis en lumière la sensibilité de longue date entourant la question linguistique au Canada. Le Québec, où 80 pour cent de la population parle français, est aux prises avec son identité depuis la prise de contrôle britannique au XVIIIe siècle. Le professeur de sciences politiques Daniel Béland a fait remarquer que la direction d’Air Canada était parfaitement consciente de l’importance politique de la langue dans le pays. Le fait que Rousseau n’ait pas tenu sa promesse d’apprendre le français malgré une rémunération élevée a encore exacerbé la désapprobation du public. (fc)

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