Principaux renseignements
- L’investissement de 107 milliards de dollars (environ 92,7 milliards d’euros) dans le GNL en Asie du Sud comporte des risques liés à l’instabilité géopolitique et à la volatilité des prix.
- Malgré un excédent attendu de GNL, les pays d’Asie du Sud peinent à lancer des projets, révélant leur vulnérabilité aux fluctuations des prix.
- L’adoption croissante de sources d’énergie renouvelables telles que l’énergie solaire offre une alternative plus durable au gaz importé pour les besoins énergétiques futurs de l’Asie du Sud.
Les plans ambitieux de l’Asie du Sud visant à investir des milliards de dollars dans les infrastructures de gaz naturel liquéfié (GNL) sont confrontés à d’importants risques économiques et de sécurité énergétique à la suite du récent conflit au Moyen-Orient. Selon l’Asia Gas Tracker de Global Energy Monitor, qui suit les projets d’infrastructures gazières en Asie de l’Est, en Asie du Sud et en Asie du Sud-Est, la région a investi environ 107 milliards de dollars (environ 92,7 milliards d’euros) dans des terminaux et des gazoducs de GNL en projet ou en cours de construction. Offshore Energy présente les projets.
Des défis face à la volatilité
Cet investissement massif intervient à un moment où les marchés énergétiques mondiaux connaissent une volatilité des prix due aux perturbations des voies maritimes dans le détroit d’Ormuz, ce qui met en évidence la vulnérabilité des importateurs de GNL. Malgré la surproduction prévue de GNL dans les années à venir, alimentée par l’augmentation de la production aux États-Unis et au Qatar, des pays d’Asie du Sud comme l’Inde, le Bangladesh et le Pakistan pourraient rencontrer des difficultés à concrétiser leurs ambitions en matière de GNL.
Historiquement, ces nations ont eu du mal à mettre en service leurs projets de GNL, annulant ou suspendant deux à trois fois plus de capacités d’importation qu’elles n’en ont effectivement développées au cours de la dernière décennie. Cette tendance reflète la sensibilité de ces économies aux fluctuations des prix du GNL.
Les énergies renouvelables gagnent du terrain
Le récent choc énergétique souligne le caractère précaire d’une forte dépendance au gaz importé. Si le GNL peut sembler facilement disponible sur un marché équilibré, des perturbations telles que celles survenues en mars 2026 peuvent rapidement faire grimper les prix et restreindre l’accès pour les pays dépendants des importations. Parallèlement, les sources d’énergie renouvelables gagnent du terrain dans toute l’Asie du Sud. Par exemple, la production d’énergie solaire au Pakistan a plus que triplé au cours des trois dernières années, et l’Inde devrait couvrir plus de 40 pour cent de sa demande en électricité grâce aux énergies renouvelables d’ici 2030.
Le succès ou l’échec de ces projets d’infrastructure aura un impact profond sur le paysage énergétique futur de l’Asie du Sud. L’Inde, par exemple, prévoit la construction des deuxième et troisième plus grands terminaux et réseaux de gazoducs de GNL au monde. Le Bangladesh et le Pakistan visent à doubler leurs capacités d’importation de GNL existantes, ce qui les placerait parmi les quinze premiers développeurs de gazoducs au monde.
Risques et alternatives durables
Cependant, les experts mettent en garde contre les risques inhérents à une forte dépendance vis-à-vis du GNL importé. Même dans un scénario d’approvisionnement abondant, les importateurs d’Asie du Sud doivent rester conscients des limites du GNL. L’adoption croissante des énergies renouvelables et d’autres technologies propres offre une voie plus durable et plus compétitive pour ces économies. (jv)
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