Le paludisme est de retour. En Grèce…

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Le paludisme (ou malaria) est retourné en Grèce, affirme le Telegraph, qui rappelle que c’est une première en Europe de l’Ouest, où personne ne l’avait contracté depuis 1974. Les statistiques du pays indiquent qu’on a dénombré 59 cas de paludisme, mais elle n’est pas la seule maladie en cause, puisqu’on a également trouvé 159 cas d’infection au Virus du Nil occidental, et depuis le début de l’année, il a même causé 16 décès. La grande majorité de ces cas ont été contractés à l’étranger, mais dans 10% des cas, l’infection a eu lieu en Grèce.

Environ 16 millions de touristes visitent la Grèce chaque année, et dans plusieurs pays, les ambassades étrangères et les autorités sanitaires mettent en garde les voyageurs, notamment en direction du sud de la Grèce, et certains leur recommandant même de suivre un traitement antipaludéen.

Signe des temps, l’association caritative Médecins sans Frontières (MSF) est retournée en Grèce. « Dans un pays de l’Union Européenne, nous ne devrions pas avoir à lutter en urgence contre une maladie comme celle-ci. Même dans des pays d’Afrique avec des ressources limitées, ils ont un plan national en place. Venant d’un pays qui est membre de l’UE, ce serait la moindre des choses », a déclaré Apostolos Veizis, le directeur de l’opérationnel médical pour la Grèce de MSF à Reuters.

Ce sont les coupes budgétaires qui peuvent expliquer le retour de ces maladies qui avaient été éradiquées du pays. Ainsi, cette année, seulement 8 des 56 quartiers d’Athènes ont répandu des insecticides dans les zones humides pour éliminer les moustiques, et les scientifiques ont mis en garde contre une possible recrudescence des cas de maladie dans la capitale grecque.

Pour Christos Hadjichristodoulou, un consultant du Centre Hellenique de Contrôle et de Prévention des Maladies (HCDCP), le problème du retour de ces maladies issues de moustiques est plus une question d’immigration que de santé. La Grèce est une porte d’entrée en Europe pour l’immigration, et on y compte plus d’un million de personnes immigrées, légalement entrées dans le pays, ou non. Beaucoup proviennent de pays fortement touchés par le paludisme, comme le Pakistan, et l’Afghanistan. Ils trouvent du travail dans les orangeraies et les oliveraies du sud de la Grèce, où les terrains sont irrigués, ce qui permet aux moustiques de proliférer. Hadjichristodoulou indique qu’une étude réalisée sur 6.000 immigrés dans le Sud de la Grèce avait montré que 60% d’entre eux avaient développé des anticorps au paludisme, ce qui signifie qu’ils avaient déjà été en contact avec la maladie.

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