‘Le Pakistan a permis à des ingénieurs chinois d’examiner l’épave d’un hélicoptère américain’

Les relations entre les Etats Unis et le Pakistan se sont envenimées depuis que le gouvernement pakistanais a autorisé des ingénieurs militaires chinois à venir examiner les restes d’un hélicoptère Black Hawk qui avait été utilisé lors du raid de la résidence de Ben Laden organisé par un commando de Navy Seals. C’est le Financial Times qui aurait rapporté l’information, en soulignant les rapprochements entre les armées chinoises et pakistanaises, et l’implication grandissante de la Chine dans la crise avec l’Afghanistan.

Les ingénieurs chinois ont été autorisés à inspecter cet hélicoptère spécialement équipé pour cette mission et qui a heurté le mur d’enceinte de la résidence de Ben Laden à Abbottabad au Pakistan. L’aéronef avait dû être abandonné sur place, mais le commando l’avait fait exploser avant de partir. Selon les services du renseignement américain, l’équipe chinoise aurait méticuleusement photographié sa coque, et emporté un débris de son revêtement de camouflage pour effectuer des analyses. Apparemment, les Chinois s’intéressaient particulièrement au mécanisme de l’empennage de queue de l’appareil et à tout ce qui subsistait des équipements du cockpit. Bien que la Chine commence à développer ses propres technologies en matière de défense, elle est toujours en retard dans certains domaines cruciaux, comme les hélicoptères militaires, et de ce point de vue, l’inspection du Black Hawk a dû être jugée comme une formidable aubaine.

Cette visite des Chinois est intervenue alors que l’armée pakistanaise vient de demander à l’armée américaine de quitter le pays, et tente d’obtenir la fermeture d’une base de lancement utilisée pour envoyer des drones au Pakistan. L’armée américaine et les services de renseignement alliés afghans craignent que de nouvelles armes d’épaule anti-aériennes d’origine chinoise, du type du FN-6 ‘Crossbow’, ne parviennent aux Talibans. Au début de ce mois, un hélicoptère Chinook a été abattu dans la province de Wardak, tuant 38 militaires, dont 26 Navy Seals. Washington est resté très discret sur les circonstances de cette attaque, la plus meurtrière depuis le début du conflit afghan il y a dix ans, se bornant à indiquer que le groupe de Talibans qui en était à l’origine avait été éliminé. Mais selon des rumeurs, ce serait un lance-roquettes de ce type, pesant à peine 16 kilos, qui aurait détruit l’appareil. Lors d’une récente visite à Kaboul, une délégation pakistanaise menée par le Premier Ministre Yousuf Raza Gilani a exhorté les Afghans de délaisser leur allié américain et à se tourner vers la Chine. Mais le Président Hamid Karzai aurait repoussé leur invitation, en rappelant que les Américains accordaient une aide financière généreuse à l’Afghanistan, alors que les Chinois ne payaient que lorsque la contrepartie les intéressait.

Les Chinois ont signé un contrat d’exploitation de 20 ans, voire 30 ans avec la mine de cuivre à ciel ouvert de Mes Aynak, dans la province de Logar, pour 350 millions de dollars annuels. Depuis peu, l’on sait que le sol afghan est également riche en terres rares, des matériaux nécessaires à la fabrication des biens de haute technologie.

Le relatif silence de la presse dans ce domaine indiquerait que les Etats Unis se préparent à quitter l’Afghanistan. Il y a fort à parier que dans cette hypothèse, la Chine ne se ferait pas prier pour combler le vide qu’ils y laisseraient. 

 

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