Récemment devenu leader mondial de l’éolien, Goldwind a annoncé que ses profits avaient lourdement chuté au troisième trimestre. Pourtant, le boom chinois du renouvelable lui permet d’écouler plus d’éoliennes que jamais.
Le n°1 mondial de l’éolien voit ses profits s’effondrer et pourtant, il est chinois

Pourquoi est-ce important ?
Depuis de nombreux mois, les fabricants européens d'éoliennes ne cessent de faire part de leur fragilité financière. Notamment embêtés par les taux d'intérêt élevés, l'inflation et les problèmes sur la chaîne d'approvisionnement, ils se disent aussi menacés par leurs rivaux chinois. Et pourtant, même là-bas, tout n'est pas rose.Dans l’actu : la chute des profits de Goldwind.
- Ce jeudi, Goldwind a dévoilé ses résultats financiers pour le troisième trimestre. Ils sont moins élevés que ce qu’avaient prévu les analystes. Le géant chinois de l’éolien a notamment vu ses profits reculer nettement.
Les détails : -98%.
- Entre les mois de juillet et septembre, Goldwind a affiché des profits nets de 9,4 millions de yuans. Soit 1,29 million de dollars.
- Lors du troisième trimestre 2022, l’entreprise chinoise avait affiché des profits nets de… 444 millions de yuans. Ceux-ci ont donc chuté de 98% en un an.
- Pourtant, dans le même temps, grâce au « boom du renouvelable chinois », le constructeur écoule énormément d’éoliennes. Sur les neuf premiers mois de l’année, il en a vendu 25% de plus par rapport à l’année dernière.
Les explications : la concurrence fait baisser les prix
- Selon une analyse de Citigroup relayée par Bloomberg, la chute des profits de Goldwind s’explique par la baisse des prix des éoliennes. Une baisse des prix qui s’explique elle-même par une concurrence de plus en plus féroce entre les différents fabricants chinois.
- Mais ce n’est pas tout. Il y a aussi eu une augmentation des frais de vente et des coûts de recherche et développement, selon une analyse de Citigroup.
- Il y a quelques semaines, un analyste de Bloomberg NEF avait déjà souligné que les coûts de projet allaient augmenter étant donné que les subventions à l’échelle nationale avaient progressivement expiré depuis fin 2021. Un phénomène renforcé par le fait que les gouvernements régionaux exigaient davantage de contributions à l’économie locale.
Les éoliennes chinoises « surveillées de près » par Bruxelles
Le contexte : ça reste pire en Europe.
- Cette nette baisse des profits de Goldwind n’est rien face aux déboires de l’industrie européenne.
- Siemens Gamesa nage en plein cauchemar depuis le début de l’été. Vestas et Orsted (n°1 de l’offshore), qui n’ont pas encore publié leurs résultats pour le troisième trimestre, étaient dans le rouge au deuxième.
- Leurs nombreux appels à l’aide semblent avoir été entendus par Bruxelles. En début de semaine, la Commission européenne a dévoilé un paquet de mesures censé leur éviter l’implosion.
- Parmi ces mesures, la Commission a promis de « surveiller de près les éventuelles pratiques commerciales déloyales qui profitent aux fabricants d’éoliennes étrangers ». « Il s’agira notamment d’examiner de près les subventions potentielles accordées aux produits éoliens importés dans l’UE », a-t-elle ajouté.
- Elles ne sont pas explicitement citées, mais ce sont surtout les éoliennes chinoises qui sont dans le viseur. Actuellement, les éoliennes chinoises seraient jusqu’à 20% moins chères que les européennes,
- S’il apparaît que les avantages offerts par les subventions sont déloyaux, Bruxelles pourrait sortir un nouvel arsenal de mesures visant à freiner leur expansion massive sur le Vieux Continent.