Le mystère des pierres mouvantes de la Vallée de la Mort enfin résolu ?

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Le parc national de la Vallée de la mort, situé à l’est de Sierra Nevada, en Californie, au nord du désert de Mojave dans un bassin intramontagnard, est un des endroits les plus inhospitaliers au monde. Les températures y dépassent les 50 degrés Celsius et dans certains secteurs du parc, les précipitations sont inférieures à 50 mm/an et sont hyperarides. Les rares précipitations ont lieu en hiver, de décembre à mars.

La Vallée de la Mort est aussi connue pour un phénomène mystérieux étudié depuis des dizaines d’années, celui des pierres mouvantes. Des roches de plus de 300 kilos de la Racetrack Playa, un lac asséché de manière périodique selon la saison, se déplacent mystérieusement sur le sable en laissant derrière elles des sillons de plusieurs centimètres de profondeur, longs de plusieurs dizaines de mètres. En hiver, le lac se glace et est saupoudré de neige. Personne n’a jamais filmé ce phénomène et n’a jamais vu les roches bouger de ses propres yeux, explique Alan Valkenburg, gardien du parc national de la Vallée de la Mort depuis 20 ans dans SmithsonianSelon les croyances populaires, leur mouvement se doit à de puissants champs magnétiques terrestres ou encore à l’intervention d’extraterrestres.

Mais au fil du temps, de nombreuses théories scientfiques sont apparues. Au XXème siècle, on a longtemps pensé que durant les périodes de pluies, le sable glissant et les vents violents permettaient ces mouvements. Toutefois, d’autres études ont contredit cette hypothèse. Par la suite, les scientifiques ont estimé que, pendant certaines périodes de l’année, après les rares averses, les pierres se retrouvaient attrapées dans la glace. Lors de la fonte, de grandes plaques de glace se déplacaient sur la boue à cause du vent . Si l’on s’en tient à cette hypothèse, toutes les pierres devaient suivre des trajectoires parallèles, au même moment, explique la BBC. Or, les conclusions d’une étude récente de la géologue Paula Messina réalisée avec la technologie GPS ont montré que la majorité des sillons ne suivaient pas une trajectoire parallèle et s’entrecroisaient souvent.

La dernière étude remonte à 2011 et est l’œuvre de Ralph Lorenz, chercheur du Laboratoire de physique appliquée de l’Université Johns Hopkins dans le Maryland, en collaboration avec la Nasa, écrit Livescience.com. En 2006, il s’est rendu dans la Vallée de la Mort pour installer des stations météorologiques afin de comparer le climat de cette zone avec celui d’autres planètes. Lorenz a constaté qu’il y avait peu d’informations quantitatives au sujet des pierres mouvantes. Par exemple, aucun scientifique n’avait rassemblé des données périodiques sur leur mouvement selon les vents, les inondations ou les gelées. Lorenz et son équipe ont alors découvert que sur les plages de l’océan Arctique, se produisait le même phénomène de mouvements de pierre de plusieurs kilos. « Nous nous sommes rendu compte qu’en hiver, autour des roches de la Racetrack Playa, se forme une couche de glace de deux centimètres d’épaisseur et de quelques centimètres de large qui agit comme une sorte de bouée dans la boue », explique Lorenz à la BBC. « Cette bouée permet à la pierre de se déplacer dans la boue à l’aide du vent, ce qui laisse les mystérieuses traces ». 

Pour démontrer son hypothèse, Lorenz a mis une pierre dans un petit Tupperware d’eau qu’il a congelé. Il a déposé le bloc de glace obtenu d’où dépassait une extrémité de la pierre a dans un bac légèrement rempli d’eau avez une couche de sable au fond, créant ainsi de la boue. La pierre a flotté et en soufflant dessus, elle s’est déplacée facilement et a laissé un sillon sur le fond boueux. Lorenz et son équipe ont par la suite déterminé que dans la Vallée de la Mort, après certaines périodes hivernales de pluies, l’eau et la glace créent un mélange boueux où se déplacent, lors de brises légères, les pierres qui laissent les trainées que l’on observe ensuite dans la boue asséchée.

 

« Je crois qu’il existe plusieurs raisons aux mouvements de ces pierres ».

Enfin, Lorenz explique l’absence d’études filmiques par le fait que la Racetrack Playa est un endroit difficile d’accès où il est interdit de camper. Par ailleurs, il existe de nombreuses restrictions sur le matériel que peuvent emmener les équipes scientifiques. « En outre, je pense que tous ces mouvements doivent avoir lieu la nuit lorsqu’il fait extrêmement froid, qu’il pleut et qu’il vente, ce qui complique encore plus tout enregistrement ». « Les gens me demandent toujours ce qui provoque le déplacement des pierres mouvantes », explique le gardian Alan Valkenburg. « Mais même si vous essayer de leur expliquer, ils ne veulent pas entendre les réponses ». « Les gens aiment le mystère et les questions sans réponses ».