La Banque centrale européenne (BCE) a décidé en début de semaine de maintenir son taux directeur inchangé. Cela signifie que les banques continuent de percevoir une rémunération de 2 pour cent sur les excédents de dépôts d’épargne qu’elles placent auprès de l’institution monétaire. Tant que ce taux restera inchangé, le marché de l’épargne restera relativement calme.
Principaux renseignements
- La BCE maintient son taux à 2 pour cent, ce qui signifie que les taux d’intérêt sur l’épargne resteront bas pour l’instant, malgré des prévisions d’inflation en hausse et d’éventuelles hausses de taux à venir.
- Sur le marché de l’épargne, les taux baissent globalement, même s’il existe quelques exceptions.
- Malgré la stabilité des taux de la BCE, les prêts immobiliers pourraient devenir plus chers en raison de la hausse des taux à long terme. Le taux d’intérêt d’un prêt sur 25 ans oscille actuellement autour de 3,9 pour cent.
Contexte : la BCE maintient ses taux.
- Malgré les risques haussiers pesant sur l’inflation, la BCE attend encore avant d’intervenir. Cela signifie notamment que le taux dit « de dépôt » reste bloqué à 2 pour cent.
- L’institution monétaire a toutefois revu ses prévisions d’inflation à la hausse. Elle table désormais sur une inflation de 2,6 pour cent au lieu de 1,9 pour cent en 2026, de 2 pour cent au lieu de 1,8 pour cent en 2027 et de 2,1 pour cent au lieu de 2 pour cent en 2028.
- Entre janvier et février, l’inflation a augmenté, mais elle reste, à 1,9 pour cent, inférieure à l’objectif de la BCE. Si la dépréciation monétaire continue de s’accentuer, le risque que la banque centrale doive relever ses taux d’intérêt augmente.
- Selon Pierre Wunsch, gouverneur de la Banque nationale de Belgique (BNB), la BCE ne doit en tout cas pas réagir trop rapidement à la hausse des prix de l’énergie. Il a plaidé plus tôt ce mois-ci en faveur d’une approche fondée sur les données et a suggéré que la BCE utilise ses modèles pour évaluer les conséquences à long terme de la persistance de prix élevés de l’énergie.
Impact sur le marché de l’épargne
Zoom : ce n’est que lorsque la BCE modifiera sa politique de taux d’intérêt que les banques seront disposées à faire de même pour les taux d’intérêt sur l’épargne.
- Entre-temps, les taux d’épargne affichent une tendance à la baisse. À l’automne 2025, plusieurs établissements financiers, dont vdk bank et Beobank, ont revu leurs taux d’épargne à la baisse.
- Mais : certains acteurs vont à contre-courant. L’acteur de niche Santander Consumer Bank a augmenté la semaine dernière le taux d’intérêt du compte Vision Max de 1,75 pour cent à 2 pour cent. Ce taux ne s’applique qu’aux personnes qui épargnent entre 125 000 et 300 000 euros. Dans tous les autres cas, le taux d’intérêt baisse à 1,35 pour cent.
- Les épargnants attentifs peuvent parfois profiter d’offres spéciales. MeDirect, par exemple, a récemment augmenté temporairement de 40 points de base le taux d’intérêt de l’un de ses livrets d’épargne. L’offre devait normalement prendre fin le 9 mars, mais le site de la banque en ligne affiche toujours le taux majoré de 2 pour cent.
À noter : certaines banques redonnent un nouveau souffle à d’autres produits d’épargne. Crelan a ainsi récemment lancé un bon de caisse d’une durée de quinze mois. Les souscriptions sont ouvertes jusqu’au 31 mars inclus.
- Le bon de caisse de Crelan prend effet le 1er avril 2026 et court jusqu’au 1er juillet 2027. Le taux d’intérêt brut annuel s’élève à 2,16 pour cent. Après déduction du précompte mobilier, cela correspond à un taux net de 1,51 pour cent.
Risque de hausse des taux des prêts immobiliers
Mais : malgré une pause dans les taux d’intérêt, il y a un risque réel que les prêts immobiliers deviennent plus chers.
- Les banques basent leurs taux hypothécaires sur les taux d’intérêt à long terme. Or, ceux-ci sont en hausse en raison des tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient. Jeudi, le taux belge à dix ans a brièvement atteint 3,59 pour cent. Il se rapproche ainsi de plus en plus de son plus haut niveau depuis 2011.
- Le baromètre des taux d’Immotheker nous apprend que le taux moyen d’un prêt immobilier à taux fixe était en légère baisse juste avant le début de la guerre en Iran. Entre janvier et début mars, il était passé de 3,97 pour cent à 3,82 pour cent pour un crédit avec un ratio d’endettement (rapport entre le montant du prêt et la valeur actuelle du logement) de 80 pour cent. Ce taux est depuis remonté à 3,89 pour cent. Si la situation ne s’améliore pas rapidement, la barre des 4 pour cent pourrait bientôt être franchie.
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