Un juge suspend les sanctions contre Anthropic dans le cadre d’un conflit avec l’administration Trump


Principaux renseignements

  • Le juge américain Rita F. Lin a estimé qu’Anthropic ne pouvait être qualifiée de « risque pour la chaîne d’approvisionnement » et que les agents fédéraux n’étaient pas autorisés à utiliser le Claude.
  • Le juge a estimé que les mesures prises à l’encontre d’Anthropic constituaient des représailles arbitraires pour avoir refusé d’autoriser une utilisation militaire sans restriction de Claude.
  • La juge Lin a condamné la tentative du gouvernement de faire taire la dissidence en qualifiant une entreprise américaine d’adversaire potentiel.

Une juge fédérale a donné raison à la société d’intelligence artificielle Anthropic dans son litige contre l’administration de Donald Trump. Ainsi, la juge Rita F. Lin a rendu une injonction. Elle empêche le gouvernement de qualifier Anthropic de « risque pour la chaîne d’approvisionnement ». De plus, elle interdit aux agents fédéraux d’utiliser son modèle d’IA Claude. Cette décision fait suite à une annonce antérieure. En février, Donald Trump et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avaient décidé de rompre les liens avec Anthropic. En effet, l’entreprise refusait d’autoriser une utilisation militaire sans restriction de Claude.

Préoccupations éthiques

Anthropic a exprimé ses inquiétudes quant à des applications potentielles telles que les armes autonomes létales sans contrôle humain et la surveillance de masse des citoyens américains. En réponse, le gouvernement a qualifié Anthropic de « risque pour la sécurité nationale au niveau de la chaîne d’approvisionnement ».

La juge Lin a toutefois qualifié les actions du gouvernement de tentative visant à « paralyser Anthropic » et à « étouffer le débat public », suggérant qu’il s’agissait d’une « mesure de représailles classique au regard du Premier amendement ».

Mesures arbitraires

Elle a jugé que les mesures prises à l’encontre de Anthropic étaient arbitraires et capricieuses. En particulier, elle a critiqué le fait que Pete Hegseth ait invoqué une autorité militaire rarement utilisée. Celle-ci est généralement réservée aux adversaires étrangers. La décision de Lin a aussi souligné un point clé. Qualifier une entreprise américaine d’adversaire potentiel, simplement parce qu’elle est en désaccord avec le gouvernement, relève d’une « notion orwellienne ». De plus, cette qualification n’est pas étayée par la loi.

Anthropic a intenté deux poursuites contre le gouvernement : l’une visant à obtenir le réexamen de sa désignation comme « risque pour la chaîne d’approvisionnement » et l’autre alléguant des violations du premier amendement. L’injonction garantit que la technologie d’Anthropic restera accessible aux agences gouvernementales et aux entreprises externes collaborant avec le département de la Défense en attendant le règlement du litige.

(jw)(fc)

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