Principaux renseignements
- Le Japon a lancé la mission MMX afin de prélever les tout premiers échantillons géologiques sur Phobos, l’une des lunes de Mars.
- Un rover international explorera la surface lunaire avant qu’un atterrisseur ne collecte des échantillons destinés à être ramenés sur Terre.
- Ces échantillons pourraient révéler si les lunes de Mars sont des astéroïdes capturés ou des vestiges de collisions.
Le Japon s’est lancé dans une aventure spatiale révolutionnaire en déployant un vaisseau spatial destiné à prélever des échantillons géologiques sur Phobos, l’une des deux lunes en orbite autour de Mars.
Première mondiale
Lancée depuis le centre spatial de Tanegashima à bord de la fusée H3, la mission a été confirmée avec succès par l’Agence japonaise d’exploration aérospatiale (JAXA) après que la sonde se soit séparée de son étage propulseur.
Cette initiative constitue une première mondiale, les efforts précédents des États-Unis et de la Chine s’étant concentrés exclusivement sur la surface martienne plutôt que sur ses satellites.
Mission MMX
La mission, baptisée « Martian Moons Exploration » (MMX), est le fruit d’une collaboration entre cinq agences spatiales internationales. L’engin de cinq tonnes devrait entrer en orbite martienne d’ici le mois d’août de l’année prochaine.
À son arrivée, il déploiera un petit rover à quatre roues baptisé « Idefix », développé par des ingénieurs français et allemands. En raison de la gravité extrêmement faible de Phobos, le rover rebondira brièvement sur le sol avant de passer 100 jours à rechercher les emplacements idéaux pour le prélèvement d’échantillons.
Prélèvement d’échantillons et retour sur Terre
À l’issue de l’exploration menée par le rover, un module d’atterrissage à quatre pattes descendra à la surface pendant une brève fenêtre de deux heures afin de forer et d’aspirer au moins 10 grammes de matière.
Après avoir exploré Deimos au cours de plusieurs survols, l’engin devrait entamer son voyage de retour en novembre 2030, avec une arrivée sur Terre prévue en 2031.
Percer les secrets des lunes martiennes
Les chercheurs estiment que l’analyse de ces échantillons permettra de trancher un débat scientifique de longue date concernant les origines des lunes de Mars.
Ils cherchent à déterminer si Phobos et Deimos ont été créés par une collision massive avec la planète ou s’il s’agit d’astéroïdes capturés. Comprendre ce processus pourrait apporter des informations essentielles sur la manière dont les conditions propices à la vie se sont développées sur Terre et sur d’autres planètes rocheuses de notre système solaire.
Course à l’espace
Cette mission s’inscrit dans le cadre d’une course internationale acharnée visant à ramener des échantillons martiens sur Terre. Alors que le projet chinois Tianwen-3 pourrait ramener des échantillons dès 2031 et que le rover Perseverance de la NASA a déjà collecté des échantillons à la surface, la mission japonaise reste unique en ce qu’elle se concentre sur les lunes martiennes.
Les experts y voient une occasion rare de recueillir des données qui serviront de base aux futures expéditions habitées vers la Planète Rouge.
(at)
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