Le ‘hot toc’ tellement mieux qu’ un simple curetage d’oreille

Pour les Vietnamiens, un bon curetage d’oreille est un plaisir auquel on se soumet avec délice. Pourtant, l’outillage utilisé pour cette activité, qui n’est pas sans rappeler certains des pires instruments des dentistes, déconcertera n’importe quel occidental.

Les hommes font la queue pour vivre cette expérience extatique qui est proposée dans la plupart des échoppes de barbier. Ainsi, beaucoup d’Américains d’origine vietnamienne se précipitent chez les barbiers pour s’offrir un « hot toc », sitôt arrivés à l’aéroport International de Tan Son Nhat. Nguyen Tuong Tam, l’un d’eux, explique : « Cela apporte beaucoup de bonheur ». Il assimile le plaisir donné par un curetage d’oreille au plaisir sexuel. Katie Dang, une chanteuse dans la vingtaine, qui passe son temps entre les États-Unis et Ho Chi Minh City, témoigne : « Tout le monde a peur la première fois. Mais après c’est… Oh, mon Dieu !… « .

En fait, il y a un point G dans l’oreille, confirme le docteur Todd Dray, un oto-rhino-laryngologiste au Kaiser Permanente Medical Center de Santa Clara. « La peau dans votre oreille très fine, fine comme du papier », précise-t-il. « Et très sensible. Et il y a beaucoup de nerfs qui convergent dans l’oreille ». De même qu’un shampooing au Vietnam est bien plus qu’un simple lavage de cheveux, c’est aussi un massage des épaules et un rafraîchissement facial, le « hot toc » est bien plus qu’un simple nettoyage d’oreille. Il aide à réduire les tensions inhérentes à la vie dans une métropole de 9 millions de personnes.

Le curetage d’oreille est une tradition dans toute l’Asie, mais ce n’est que récemment que les barbiers vietnamiens en ont fait un véritable massage. La plupart du temps, la cureteuse, car même si des hommes exercent cette profession, elle est plutôt fémininisée, est une jeune femme qui flirte un peu avec la clientèle. Il faut une semaine pour apprendre ce métier particulier, et plusieurs mois pour vraiment en maîtriser les secrets.

Le docteur Todd Dray met en garde contre l’utilisation d’outils non stérilisés, ce qui est assez fréquent dans beaucoup de boutiques. Les clients peuvent alors être exposés à tout un éventail de maladies, incluant la redoutable hépatite B. Mais il conclut tranquillement : »Si vous apportez vos propres instruments, et que vous avez trouvé quelqu’un qui est bon pour faire ça, alors, allez-y ».

 

Ci-après, une petite vidéo de démonstration :