Le gouverneur de la Banque centrale française : « Il est encore trop tôt pour spéculer sur une hausse des taux d’intérêt par la BCE »


Principaux renseignements

  • La Banque centrale européenne est prête à lutter contre l’inflation alimentée par la hausse des coûts énergétiques, mais ne s’est pas engagée sur un calendrier précis de hausses des taux d’intérêt. C’est ce qu’affirme François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France et membre du Conseil des gouverneurs de la BCE.
  • « La BCE privilégie la prévention d’une inflation persistante plutôt qu’une réaction immédiate aux premières conséquences de la hausse des prix de l’énergie », fait-il remarquer.
  • Alors que les marchés anticipent plusieurs hausses de taux cette année, la BCE reste tributaire des données et prudente quant à s’engager sur un calendrier.

La Banque centrale européenne (BCE) a fait part de sa volonté de lutter contre les pressions inflationnistes découlant de la hausse des coûts de l’énergie. Elle reste toutefois réticente à préciser quand des hausses de taux d’intérêt pourraient avoir lieu. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France et membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a fait ces remarques lors d’un entretien accordé au journal italien La Stampa.

La BCE reste prudente quant aux hausses de taux

Tout en reconnaissant que la hausse des prix de l’énergie pourrait contribuer à une inflation plus généralisée, Villeroy a souligné qu’il était prématuré de discuter de dates concrètes pour des ajustements de taux. Cette approche prudente reflète les discussions en cours au sein de la BCE sur la manière de gérer les conséquences inflationnistes de la situation géopolitique.

La BCE s’attache davantage à prévenir la persistance des pressions inflationnistes qu’à réagir immédiatement à l’impact initial de la hausse des coûts énergétiques. Les décideurs politiques s’attachent principalement à atténuer les « effets de second tour », dans lesquels l’augmentation des dépenses énergétiques se traduit par des hausses de salaires, une augmentation des prix des services et une inflation sous-jacente plus généralisée.

Divergences de vues au sein de la BCE

Bien que certains responsables de la BCE aient évoqué une possible hausse des taux en avril, d’autres prônent une approche plus mesurée, arguant qu’il n’y a pas suffisamment d’éléments pour justifier un resserrement rapide de la politique monétaire. La déclaration de Villeroy s’inscrit dans cette perspective prudente, mettant l’accent sur la flexibilité plutôt que sur l’urgence.

Il a reconnu que la situation géopolitique actuelle avait aggravé les perspectives d’inflation, mais a également noté que les scénarios les plus pessimistes de la BCE pourraient être excessivement pessimistes car ils ne tiennent pas compte d’éventuelles interventions politiques. Cela suggère que les décideurs politiques sont conscients des risques haussiers pesant sur l’inflation, mais ne sont pas encore convaincus que ces risques se concrétiseront.

Les anticipations du marché devancent les orientations de la BCE

Les anticipations du marché évoluent toutefois plus rapidement que les orientations de la BCE. Les investisseurs tablent actuellement sur environ trois hausses de taux cette année, la première étant déjà pleinement anticipée d’ici juin. Cet écart met en évidence une tension courante : les marchés réagissent aux pressions inflationnistes immédiates liées aux prix de l’énergie, tandis que la BCE s’attache en priorité à évaluer si ces pressions deviendront persistantes et généralisées.

Pour l’instant, le message de la BCE est celui d’une préparation conditionnelle. Si les décideurs politiques adoptent une position plus restrictive en réponse à la montée des risques énergétiques, ils restent tributaires des données et hésitent à s’engager sur un calendrier précis de resserrement de la politique monétaire sans preuve plus claire d’une transmission inflationniste plus large. (fc)

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