Principaux renseignements
- La démolition des tours de refroidissement de la centrale nucléaire de Tihange compromet les futurs efforts de redémarrage du réacteur.
- Engie, le propriétaire de la centrale, refuse de soutenir le redémarrage de Tihange 1 et estime qu’il n’est pas financièrement viable de la mettre aux normes de sécurité actuelles.
- La Belgique recherche d’autres investisseurs pour prolonger la durée de vie des réacteurs existants ou en construire de nouveaux.
Le ministre de l’Énergie Mathieu Bihet (MR) a exprimé son inquiétude quant à la décision du gouvernement wallon d’accorder un permis pour la démolition de deux tours de refroidissement de la centrale nucléaire de Tihange.
Pas de redémarrage
Il a pris acte de cette décision, mais a fait part de sa déception, soulignant que de telles mesures pourraient rendre impossible le redémarrage des réacteurs à l’avenir. Engie, propriétaire de la centrale, a l’intention de commencer le processus de démantèlement en septembre afin de préparer la mise hors service des réacteurs eux-mêmes. C’est ce que rapporte De Standaard.
Le ministre a souligné que cette démolition compliquerait encore davantage les efforts visant à relancer Tihange 1, un objectif souhaité par le gouvernement actuel. Il avait précédemment demandé à Engie de s’abstenir de toute action susceptible d’entraver un redémarrage potentiel, mais la compagnie d’énergie poursuit ses plans de démantèlement. Le ministre a souligné la gravité de la situation, mettant en avant les implications à long terme pour la sécurité énergétique de la Belgique et exprimant ses regrets face aux décisions qui limitent les options nucléaires viables.
Engie n’a manifesté aucune volonté de soutenir le redémarrage du réacteur et n’a même pas étudié la sécurité d’une prolongation de dix ans de la durée de vie opérationnelle de Tihange 1. L’Agence fédérale de contrôle nucléaire a également déterminé que le réacteur ne répondait pas aux normes de sécurité actuelles, en particulier en raison de sa vulnérabilité aux impacts d’avions. Engie a jugé financièrement irréalisable de moderniser le réacteur pour le mettre en conformité avec ces exigences.
Recherche de nouveaux investisseurs
Bien qu’un appel contre le permis de démolition soit possible et suspendrait temporairement le processus, la décision revient en dernier ressort aux ministres wallons compétents en matière d’Aménagement du territoire et d’Environnement. Il convient de noter que le gouvernement wallon est composé de deux partis qui soutiennent le redémarrage de Tihange 1.
Parallèlement, des discussions sont en cours avec des investisseurs potentiels intéressés par la prolongation de la durée de vie des réacteurs existants et même par la construction de nouvelles centrales nucléaires. Ces investissements pourraient inclure l’acquisition de Doel 4 et Tihange 3, qui répondent aux normes de sécurité actuelles et ont obtenu une prolongation de leur durée de vie jusqu’à cinquante ans. Les experts estiment que ces réacteurs pourraient fonctionner pendant soixante ans, mais Engie n’est pas disposé à participer à un tel scénario.
Partenaires alternatifs
Le gouvernement belge recherche activement d’autres investisseurs. Les discussions précédentes avec EDF, l’entreprise publique française considérée comme le partenaire le plus approprié pour acquérir les réacteurs belges, ont été interrompues en raison des difficultés financières rencontrées par EDF. Ontario Power Generation, une entreprise canadienne qui développe des réacteurs modulaires de petite taille, a manifesté son intérêt pour investir en Belgique, mais aucun résultat concret n’a encore été obtenu.
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