Principaux renseignements
- Le gouvernement néerlandais est critiqué pour avoir reporté à 2030 le financement direct des initiatives en faveur de la santé des femmes.
- Les détracteurs affirment que le transfert de la responsabilité financière aux compagnies d’assurance et aux employeurs permet d’esquiver la question fondamentale de la lutte contre les inégalités entre les sexes dans le domaine des soins de santé.
Le gouvernement néerlandais, dirigé par la secrétaire d’État par intérim à la Prévention, Judith Tielen, est sous le feu des critiques. Il ne prend pas d’engagements financiers immédiats pour des initiatives dans le domaine de la santé des femmes. Bien que Tielen reconnaisse que des améliorations sont nécessaires, elle s’oppose à un financement direct par le gouvernement avant 2030. Elle suggère que d’autres parties, telles que les compagnies d’assurance et les employeurs, assument une plus grande part de responsabilité.
La responsabilité
Cette position a suscité la désapprobation de plusieurs partis politiques lors d’un débat parlementaire sur la santé des femmes. Les détracteurs soulignent les lacunes de la stratégie nationale pour la santé des femmes adoptée l’année dernière. Ils déplorent l’absence d’approches innovantes et de financement supplémentaire. Ils affirment également que le transfert de la charge financière vers des entités externes constituait une échappatoire au problème plutôt qu’une solution.
Le débat a mis en lumière les préoccupations liées à la persistance des inégalités entre les sexes dans le domaine des soins de santé. Les femmes sont plus souvent confrontées à des diagnostics tardifs ou erronés que les hommes. Malgré leur espérance de vie plus longue, les femmes vivent moins d’années en bonne santé. Cela résulte de préjugés historiques dans la recherche médicale, qui se concentre principalement sur des sujets masculins.
Débat
Le débat a éclaté à la Chambre des représentants après que de nombreux députés ont fait valoir que les femmes devaient être informées de la densité de leur tissu mammaire. Le secrétaire d’État Tielen estime toutefois que les femmes ne doivent pas être informées à ce sujet, car il n’existe pas d’examens de suivi appropriés. Les IRM, efficaces pour examiner les tissus mammaires denses, ne seront intégrées au programme national de dépistage du cancer du sein qu’en 2030.
Les tissus mammaires denses rendent plus difficile la détection des tumeurs par mammographie. De plus, les femmes ayant des tissus mammaires extrêmement denses présentent également un risque accru de cancer du sein.
La position de Tielen a suscité l’indignation des députés. Ceux-ci ont vu des parallèles avec des arguments avancés précédemment contre l’information des femmes à ce sujet. Son prédécesseur, Vincent Karremans, avait déclaré que les femmes étaient mieux loties si elles ne savaient pas. Selon lui, ils ne seraient peut-être pas capables de gérer cela. Les députés eux-mêmes affirment que les femmes sont parfaitement capables de faire face à cette situation.
Appel au changement
Malgré les appels lancés par plusieurs députés pour que l’évaluation de la densité mammaire soit intégrée au programme national de dépistage, Tielen reste sceptique. Le débat débouchera probablement sur une motion largement soutenue et appelant à un changement de politique.
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