Principaux renseignements
- Nexperia Chine vise à mettre en place une production de puces entièrement localisée d’ici mi-2026 afin de contourner les restrictions d’approvisionnement.
- Les tensions géopolitiques ont conduit le gouvernement néerlandais à prendre le contrôle de Nexperia, perturbant ses activités et entraînant des contrôles à l’exportation de la part de Pékin.
- Malgré la suspension des livraisons de plaquettes, Nexperia China progresse vers une production locale utilisant des plaquettes d’origine nationale.
Nexperia, un fabricant de puces néerlandais détenu par des intérêts chinois, est confronté à une bataille mondiale autour d’une technologie de semi-conducteurs cruciale. Cette lutte a entraîné des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement, certains constructeurs automobiles ayant apparemment été contraints de réduire leur production en raison de la pénurie de puces.
Transition vers la production locale
L’entité chinoise de Nexperia ambitionne de franchir ces blocages en optant pour une fabrication intégralement indigène. Des délégués de Nexperia China ont affirmé aux acheteurs potentiels que les puces locales respecteront les critères de qualité stricts des séries antérieures.
Cette transition vers le circuit court découle des contraintes appliquées à Nexperia depuis octobre, lesquelles freinent l’envoi de tranches de silicium depuis les sites européens vers la Chine. Afin d’esquiver ces barrières, Nexperia Chine emploie dorénavant des composants de provenance nationale. Des rapports internes tablent sur une autonomie totale pour la majorité des puces, notamment celles dédiées au secteur automobile, d’ici la seconde moitié de 2026.
Impasse géopolitique avec le gouvernement néerlandais
Cette évolution résulte d’une impasse géopolitique déclenchée en septembre 2025. Le gouvernement néerlandais a alors invoqué une législation de la guerre froide pour prendre le contrôle effectif de Nexperia, rachetée par le Chinois Wingtech en 2018. Cette mesure a coupé l’accès des employés chinois aux systèmes informatiques, ce qui a paralysé les opérations de l’entreprise.
Avant cette saisie, Nexperia produisait généralement des plaquettes en Europe. L’entreprise les expédiait ensuite vers la Chine et l’Asie du Sud-Est pour l’assemblage final des puces. Pékin a réagi en imposant des contrôles à l’exportation sur les produits fabriqués par Nexperia en Chine, ce qui a eu un impact sur les activités de l’entreprise. Cependant, les exportations civiles ont ensuite repris dans le cadre d’un accord commercial entre le président chinois Xi Jinping et le président américain Donald Trump.
La production locale progresse
Alors que les livraisons directes de plaquettes de Nexperia à sa filiale chinoise restent suspendues, Nexperia Chine a réalisé des progrès dans la production de certains types de puces à partir de plaquettes de douze pouces d’origine locale. Cela contraste avec les plaquettes de huit pouces utilisées par sa société mère en Europe.
Fonctionnant actuellement à environ soixante à soixante-dix pour cent de sa capacité en raison de sa dépendance vis-à-vis des stocks et des fournisseurs alternatifs, l’usine d’assemblage de Nexperia China à Dongguan devrait retrouver jusqu’à quatre-vingt-dix pour cent de sa capacité de production pour les produits phares d’ici le deuxième trimestre de cette année. L’entreprise va désormais concentrer ses efforts sur ses usines de Dongguan et de Shanghai, qui serviront de principaux centres de production pour ses puces.
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

